Objet volant non identifié / OVNI

Un objet volant non identifié est un phénomène aérien qu'un ou plusieurs témoins affirment avoir observé sans avoir pu l'identifier, ou encore une trace qui peut avoir été enregistrée par différents types de capteurs mais dont on ne connaît...



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Un objet volant non identifié (fréquemment abrégé OVNI, calque de l'anglais américain UFO qui veut dire unidentified flying object) est un phénomène aérien qu'un ou plusieurs témoins affirment avoir observé sans avoir pu l'identifier, ou encore une trace qui peut avoir été enregistrée par différents types de capteurs (caméra vidéo, appareil photo, radar, etc. ) mais dont on ne connaît ni l'origine ni la nature exacte.

Les personnes étudiant ces phénomènes sont nommées ufologues (de l'anglais UFO suivi du suffixe «-logue») ; l'équivalent en français, ovniologue, est moins fréquemment employé. L'ufologie (ou ovniologie) est par conséquent l'étude des ufos ou ovnis. En France, le GEIPAN parle plutôt de phénomène aérospatial non identifié (PAN), le terme de «phénomène» étant dans la majorité des cas plus approprié que celui d'«objet», même si le terme n'est pas utilisé dans la littérature scientifique par d'autres chercheurs. Quand un ovni est identifié sans ambiguïté comme étant un objet connu (par exemple un avion, une météorite ou un ballon météorologique), il cesse d'être un ovni et devient un objet volant identifié. Dans ce cas précis, il n'y a pas lieu de continuer à utiliser l'acronyme "ovni" pour décrire l'objet.

Dans la culture populaire, le terme ovni s'utilise le plus souvent pour désigner n'importe quel véhicule spatial extraterrestre supposé, mais «soucoupe volante» est aussi régulièrement employé. Par extension, le terme ovni permet de désigner de manière humoristique un personnage ou un objet qui semble surgir de nulle part (exemple : «un ovni dans le paysage politique»).

Des observations d'ovnis ont été faites dans le passé, mais les rapports d'observations sont devenus plus habituels à partir des années 1950, surtout aux États-Unis. Des dizaines de milliers de témoignages ont depuis été rapportés à travers le monde[1].

Photographie amateur d'un ovni, New Jersey, 1952.

Historique

Préhistoire et Antiquité

Des récits de phénomènes aériens non identifiés existent depuis particulièrement longtemps. Selon certains ufologues, des représentations étranges visibles dans quelques grottes ornées, telles celle d'Altamira en Espagne ou celle de Cougnac en France, pourraient être des représentations d'ovnis[2]. De plus, des statuettes ou des peintures (comme les fresques du Tassili, en Algérie) ressemblent étrangement à certaines représentations d'extraterrestres du XXe siècle, preuve, selon une partie de la communauté ufologique, de l'ancienneté du phénomène.

Certaines de ces apparitions étranges peuvent avoir été des phénomènes astronomiques comme des comètes ou des météores brillants, ou des phénomènes optiques atmosphériques. L'analyse de ces faits passés est dénommée fréquemment rétro-ufologie.
En voici quelques exemples :

Moyen Âge et Renaissance

À cette époque, il est en particulier question de phénomènes occultes, chez des théoriciens comme Agrippa ou Paracelse. L'influence de la religion est réelle puisque les phénomènes célestes sont reconnus comme des avertissements divins ou comme des expressions maléfiques dont sont responsables sorciers et sorcières.

Gravure sur bois de Hans Glaser.

Ces observations sont alors interprétées comme des prodiges surnaturels, des anges et autres présages religieux[6].

Certains enquêteurs contemporains considèrent ces témoignages comme étant l'équivalent ancien de rapports d'ovnis modernes. Il est en effet envisageable que des apparitions d'ovnis aient été transposées dans des œuvres d'art mais, pour les cas les plus fréquemment cités, une explication simple est apportée par les historiens de l'art[7]. Ainsi :

Premiers rapports modernes

Avant que les termes «soucoupe volante» et «ovni» ne soient découverts, il y a eu un certain nombre de rapports de phénomènes aériens étranges non identifiés. Ces rapports vont de la moitié du XIXe siècle à la fin des années 1940.

Apparition des soucoupes volantes

Après la Deuxième Guerre mondiale, le phénomène ovni touche le grand public à la suite du témoignage médiatisé d'un homme d'affaires américain, Kenneth Arnold, le 24 juin 1947. Ce dernier fait le récit du phénomène qu'il a observé tandis qu'il volait dans son avion privé près du mont Rainier, dans l'État de Washington. Il rapporte avoir vu 9 objets soucoupiques particulièrement brillants et particulièrement rapides qu'il ne put identifier, volant du Mont Rainier vers le Mont Adams. Il estime leur longueur entre 12 et 15 mètres et leur vitesse à au moins 1800 km/h. Ils volaient, déclare Arnold, «comme des oies, formant une chaîne en diagonale comme s'ils étaient attachés l'un à l'autre, en un mouvement sautillant, analogue à celui d'une soucoupe ricochant sur l'eau» [16]. Arnold devait préciser plus tard que les ovnis qu'il avait vus ressemblaient à des soucoupes volantes («flying saucers») ainsi qu'à de grands disques plats («flat disks»). Ce témoignage, s'il lui vaut d'être la risée des médias et du public, fait cependant connaître le terme de "soucoupe volante".

Cette affaire est rapidement suivie de milliers de témoignages, en particulier aux États-Unis, mais également dans d'autres pays.

Un témoignage important est celui de l'équipage d'un vol de United Airlines qui rapporte que neuf objets en forme de disque ont escorté leur avion au-dessus de l'Idaho dans la soirée du 4 juillet. Ce témoignage reçoit une médiatisation plus importante et est reconnu comme plus crédible que celui d'Arnold. Les jours suivants, la majorité des journaux racontent en première page des histoires de soucoupes volantes.

Le 3 juillet 1947, se déroule ce qui devait devenir mondialement connu comme l'incident de Roswell. Ce jour-là, Mac Brazel, propriétaire d'un ranch près de Roswell, découvre des débris sur ses terres et prévient la base militaire la plus proche. Un jeune militaire du Roswell Army Air Field (RAAF) fait alors un premier communiqué de presse, où il annonce que l'armée a découvert une «soucoupe volante» écrasée près d'un ranch à Roswell, suscitant un fort intérêt chez les médias. L'observation de Kenneth Arnold avait eu lieu un mois plus tôt et avait eu un écho important dans la presse si quoique les soucoupes volantes étaient présentes dans l'ensemble des esprits, y compris chez les militaires. Le lendemain, le commandement général de la base publie un rectificatif annonçant que la soucoupe volante était uniquement un ballon-sonde[17]. Une conférence de presse est organisée dans la foulée, dévoilant aux journalistes des débris provenant de l'objet retrouvé et confirmant la thèse du ballon-sonde. L'affaire tombe alors dans l'oubli pendant une trentaine d'années, marquant la fin de la première grande vague d'ovnis aux États-Unis.

En 1978, le major Jesse Marcel, qui a pris part à la récupération des débris à Roswell en 1947, déclare à la télévision que ceux-ci étaient sûrement d'origine extraterrestre et que les débris que le général Ramey (responsable de la base) a montrés aux journalistes ne sont pas ceux que Marcel lui a apportés de Roswell. Il fait part de sa conviction selon laquelle les militaires avaient en réalité caché la découverte d'un véhicule spatial à l'ufologue Stanton T. Friedman. Son histoire circule chez les amateurs d'ovnis et dans les revues d'ufologie[18]. En février 1980, le National Enquirer conduit sa propre interview du major Marcel, ce qui déclenche la re-médiatisation de l'incident de Roswell. D'autres témoins et rapports sortent de l'ombre au fil du temps, ajoutant de nouveaux détails à l'histoire. A titre d'exemple, une grande opération militaire se serait déroulée à l'époque, visant à retrouver des morceaux d'épave, ou encore des extraterrestres, sur pas moins de 11 sites[18], ou encore des témoignages d'intimidation sur des témoins. En 1989, un entrepreneur de pompes funèbres à la retraite, Glenn Dennis, affirme que des autopsies d'extraterrestres ont été effectuées dans la base de Roswell[19]. En 1991, le général Du Bose, chef d'état-major du général Ramey en 1947, confirme que ce dernier avait substitué aux débris transmis par la base de Roswell ceux d'un ballon météo, montrés aux journalistes. En réponse à ces nouveaux éléments, et après une enquête du Congrès des États-Unis, le GAO (Government Accountability Office, organisation de surveillance appartenant au Congrès) demande à l'United States Air Force de conduire une enquête interne. Le résultat de cette enquête est résumé en deux rapports. Le premier, publié en 1995, conclut que les débris retrouvés en 1947 provenaient bien d'un programme gouvernemental secret, nommé Projet Mogul[20]. Le second, paru en 1997, conclut que les témoignages concernant la récupération de cadavres extraterrestres provenaient probablement de rapports détournés d'accidents militaires impliquant des blessés et des morts, ou encore de la récupération de mannequins anthropomorphiques lors de programmes militaires tels que l'opération High Dive, menés autour des années 1950. Ce rapport indique néanmoins que le débat sur ce qui est réellement tombé à Roswell continue, tout en précisant que l'ensemble des documents administratifs de la base pour la période mars 1945-décembre 1949 ont été détruits mais aussi l'ensemble des messages radio envoyés par la base d'octobre 1946 à février 1949. Le bordereau de destruction ne mentionne pas lorsque, par qui, et sur l'ordre de qui cette destruction a été effectuée. Ces rapports ont été rejetés par les partisans de la théorie extraterrestre, criant à la désinformation, quoiqu'un nombre significatif d'ufologues s'accordent alors sur une diminution de la probabilité qu'un véhicule spatial extraterrestre soit véritablement impliqué[21], [22], [23].

Les ovnis dans la culture populaire

Le thème des ovnis et des extraterrestres forme un phénomène culturel mondial depuis les années 1950. Si on en croit le folkloriste Thomas E. Bullard, «Les ovnis ont envahi la conscience moderne d'une force irrésistible, et le flot incessant de livres, articles de magazine, couvertures de journaux populaires, films, émissions de télé, dessins animés, annonces, cartes de salutation, jouets, […] confirme la popularité de ce phénomène». Selon un sondage (Gallup poll) de 1977, 95 % des sondés disent avoir entendu parler des ovnis, alors que uniquement 92 % disent avoir entendu parler du président des États-Unis Gerald Ford à peine neuf mois après son départ de la Maison Blanche (Bullard, 141). Un sondage de 1996 (Gallup poll) signale que 71 % de la population des États-Unis croit que le gouvernement dissimule des informations concernant les ovnis ; un sondage de 2002 donne des résultats identiques (Roper poll pour la chaîne de télévision Sci Fi), mais en indiquant que davantage de personnes pensent que les ovnis sont d'origine extraterrestre.

Depuis la fin des années 1990, on observe une sorte de démystification du phénomène ovni. En effet, depuis la découverte par la science de nombreuses exoplanètes, la théorie selon laquelle nous ne serions pas seuls dans l'univers s'impose progressivement au sein de la communauté scientifique et du public, rendant moins farfelue l'hypothèse d'envisageables visites de la Terre par des extraterrestres. La publication de livres en faveur de l'HET par des scientifiques ou des ufologues, la tenue de débats télévisés sur le sujet mais aussi la mise à la disposition du public des archives d'organismes officiels comme le GEIPAN, participent à l'acceptation de ce phénomène comme pouvant être la manifestation de visites extraterrestres. Dans un sondage récent [24], 48% des sondés pensent que des extraterrestres ont visité la Terre.

Arts et folklore

Les ovnis ou d'une façon plus générale les extraterrestres font leur apparition en littérature avec La Guerre des mondes, roman rédigé par H. G. Wells en 1898. Cet ouvrage, l'un des premiers romans de science-fiction, devait ensuite donner naissance à deux adaptations cinématographiques, la première en 1953 par Byron Haskin et la seconde en 2005 par Steven Spielberg (lequel a aussi réalisé Rencontre du troisième type et E. T. l'extra-terrestre, deux autres films sur le thème des extraterrestres). La Guerre des mondes est aussi à l'origine d'un des plus célèbres canulars radiophoniques du XXe siècle, qui vit Orson Welles, le 30 octobre 1938, faire croire à la population américaine qu'elle était attaquée par des extraterrestres venus de la planète Mars.

Le début du XXe siècle voit l'apparition du mythe des «petits hommes verts» ou «Martiens». Fréquemment, cette expression est utilisée pour se moquer de l'éventuelle existence d'extraterrestres. La couleur verte a peut-être pour origine le roman d'Edgar Rice Burroughs, A Princess of Mars (1912), où sont décrites différentes espèces de Martiens, dont une à la peau verte. Cette couleur sera reprise par plusieurs autres auteurs, figurant même dans le titre de leur ouvrage, comme The Green Man (1946) d'Harold Sherman ou encore The Third Little Green Man (1947) de Damon Knight.

Timbre soviétique imaginant d'éventuels satellites extraterrestres.

Un autre événement clé dans le folklore ovni des années 1970 est la publication du livre d'Erich von Däniken Chariots of the Gods. Cet auteur, qui affirme dans son ouvrage que les extraterrestres visitent la Terre depuis des milliers d'années, tente d'étayer cette hypothèse par divers exemples archéologiques et mystères non résolus (voir Théorie des anciens astronautes). De telles idées n'étaient pas vraiment nouvelles. A titre d'exemple, au début de sa carrière, l'astronome Carl Sagan, dans Intelligent Life in the Universe (1966), avait affirmé que les extraterrestres pouvaient fort bien visiter la Terre sporadiquement depuis des millions d'années. Ces théories ont inspiré de nombreux imitateurs, suites et adaptations romanesques, dont un ouvrage (The Bible and Flying Saucers de Barry Downing) qui interprète les phénomènes aériens miraculeux décrits dans la Bible comme la trace rédigée de contacts avec des extraterrestres. Nombre de ces interprétations tendent à expliquer l'évolution humaine par l'action des extraterrestres, idée présente d'autre part dans le roman et le film 2001, l'odyssée de l'espace.

Le phénomène ovni prend une nouvelle tournure dans les années 1980, essentiellement aux États-Unis, avec la publication des ouvrages de Whitley Strieber (Communion) et de Jacques Vallée (Passeport pour Magonia). Strieber, écrivain de romans d'horreur, pensait que les extraterrestres le harcelaient et étaient responsables de «plages de temps disparues» (missing times) pendant lesquelles il était soumis à d'étranges expérimentations[25]. Cette nouvelle vision, plus sombre, est reprise par d'autres avec les enlèvements extraterrestres et sert de toile de fond à X-Files et bien d'autres séries télévisées. Cependant, même dans cette littérature, les extraterrestres ont des motivations qui peuvent être bienveillantes. A titre d'exemple, le chercheur David Jacobs croit que nous subissons une forme d'invasion discrète par assimilation génétique. Le thème de la manipulation génétique (sans qu'il y ait obligatoirement invasion) est aussi particulièrement présent dans les rédigés de Budd Hopkins. Le psychiatre John Mack (1929-2004) pensait que l'éthique des «envahisseurs» était de jouer le rôle de guides sévères mais bons essayant d'inculquer la sagesse à l'humanité.

Les dix dernières années ont été particulièrement prolifiques en films inspirés par la culture ovni et les extraterrestres, dont Independence Day de Roland Emmerich en 1996 (reprenant aussi le thème de la Zone 51), Contact de Robert Zemeckis en 1997 et Signes de M. Night Shyamalan en 2002 (reprenant quant à lui le thème des agroglyphes).

Cercles de contactés et culture New Age

À partir des années 1950, commencent à apparaître des sectes mystiques liées au phénomène ovni, quelquefois nommées «cercles de contactés». Le plus fréquemment les membres de ces sectes se rassemblent autour d'un individu, un gourou, qui affirme être en contact direct ou télépathique avec des êtres célestes ou extraterrestres. Le plus notable d'entre eux est Georges Adamski, qui affirme avoir été contacté par un grand et blond Vénusien (du nom d'«Orthon»), voulant avertir l'humanité des dangers de la prolifération nucléaire[26]. Adamski a été particulièrement beaucoup discrédité, mais une Fondation Adamski a pris le relais, publiant et vendant les rédigés d'Adamski. Au moins deux de ces sectes ont attiré un nombre important d'adhérents, The Ætherius Society, fondée par le mystique britannique George King en 1956, et la Fondation Unarius, établie par «Ernest L.» et Ruth Norman en 1954. Le thème récurrent de ces messagers extraterrestres est l'avertissement face au danger de la prolifération nucléaire. On trouve des groupes de contactés plus récents comme Heaven Gate («La porte céleste»), le mouvement raëlien, ou encore The Ashtar Galactic Command («L'état-major galactique Ashtar»). Actuellement, de nombreuses sectes de contactés, anciennes comme nouvelles, montrent une volonté d'assimiler des idées proches du christianisme et d'autres religions orientales, mélangeant ces dernières avec des idées issues du thème de la bienveillance des extraterrestres à l'égard des Terriens.

Dans les années 1970, on note un renouvellement et un élargissement des idées associant les ovnis aux sujets surnaturels et occultes, avec la publication largement de livres New Age où les ovnis et les extraterrestres sont particulièrement présents. Certains adeptes des sectes de contactés des années 1950 avaient incorporé diverses idées religieuses et occultes à leurs croyances quant aux ovnis, mais dans les années 1970 ce phénomène se reproduisit sur une échelle beaucoup plus grande. Énormément de participants du mouvement New Age y crurent et tentèrent d'établir un contact avec les extraterrestres. Un célèbre porte-parole de cette tendance était l'actrice Shirley MacLaine, réputée pour son ouvrage et sa mini-série Out on a limb.

Les Hommes en noir (Men in black)

Article détaillé : Les Hommes en noir.

«Hommes en noir» (calque de l'anglais «Men in black», en abrégé MIB) est un terme collectif désignant des personnes imaginaires issues du folklore ovnilogique américain. Leur but serait d'empêcher l'humanité d'accéder à des connaissances de provenance extraterrestre, jugées trop dangereuses pour sa survie. Ils se présenteraient le plus fréquemment comme agents œuvrant pour le gouvernement fédéral américain. Ces personnes, quelquefois de sexe féminin, arriveraient seules ou en groupe (le plus fréquemment en trio) au domicile du témoin d'un événement étrange après un délai qui peut fluctuer d'un jour à plusieurs mois. Le témoin voit en eux tantôt des agents du gouvernement chargés d'étouffer l'affaire, tantôt des créatures non humaines (extraterrestres ou humanoïdes) aux objectifs mystérieux. Ils sont fréquemment vêtus d'un costume sombre ou gris (tailleur pour les femmes), généralement dans le style des années selon-guerre (et ce quelle que soit la date de leur apparition), comme d'ailleurs leur voiture, quand ils en ont une.

C'est Gray Barker, dans un classique de l'ufologie, They knew too much about flying saucers, qui lança la thématique des Hommes en noir. Il y a une dizaine d'années, John C. Sherwood affirma que Gray Barker publiait sous forme d'articles, dans son fanzine ufologique, des textes qui lui étaient soumis comme nouvelles de science-fiction. Les Hommes en complet noir seraient par conséquent une légende créée de toutes pièces, avant qu'elle ne passe dans le folklore américain du XXe siècle.

Des scénaristes ont fréquemment profité de la vague description qui est faite des Hommes en noir pour incorporer ceux-ci dans différents épisodes de séries télévisées. Un comic et deux films, Men in Black et Men in Black 2, ainsi qu'un jeu de rôle du même titre, sont inspirés de ce folklore.

Faits et témoignages

La majorité des observations d'ovnis repose sur le témoignage plus ou moins précis d'une ou de plusieurs personnes ne pouvant apporter une preuve tangible de la réalité de leur observation. En dehors des cas reposant seulement sur des témoignages, il existe des cas, bien plus rares, corroborés par des éléments physiques directs ou indirects. L'explication de ces cas est sujette à d'intenses controverses, le lien entre l'élément physique et le témoignage étant l'aspect le d'une façon plus générale contesté. Une partie de ces cas a été investiguée par différentes agences gouvernementales scientifiques et militaires. La donnée physique directe concerne les cas détectés par radar ou photographiés, la donnée physique indirecte peut être par exemple une trace au sol ou la trace d'une influence électromagnétique ou d'une perturbation environnementale.

Témoignages

Cette catégorie représente la majorité des cas d'ovnis, à savoir l'observation de lumières ou d'objets dans le ciel ou au sol ou tout autre témoignage d'ovni observé par une ou plusieurs personnes. Ces témoignages ne sont pas aisément exploitables par les enquêteurs à cause de l'absence de preuves directes (comme une photographie) ou indirectes (traces au sol par exemple) de la présence d'un ovni.

Les observations d'ovnis impliquant une foule de témoins sont nombreuses. On peut citer, entre autres observations, la Vague belge, la Vague de Mexico et la bataille de Los Angeles. En France, certains cas ont été répertoriés par le GEIPAN, ainsi le cas des «Aldudes» où un ovni lumineux avec clignotant blanc, rouge et vert, fut observé le 2 février 1985 par une foule de témoins en Aquitaine, puis les jours suivants en Espagne et dans les Ardennes[27] (on peut aussi noter l'existence d'autres cas comme celui dit «des Hautes-Pyrénées»[28] ou celui dit du «Vaucluse») [29].

Photographies et vidéogrammes

Les éléments principaux disponibles pour l'étude du phénomène ovni sont les photographies et les vidéos. Une analyse du corpus des photographies existantes sert à classer les photographies dites d'ovnis en trois catégories [30] :

  1. Les photographies d'ovnis minimales : la forme censée correspondre à un ovni est blanche, fréquemment uniforme, pauvre en détails, se détachant d'un arrière-plan noir ou particulièrement sombre ; ces photographies montrent quelquefois une partie de l'environnement. La valeur informationnelle de cette classe d'images est particulièrement faible. On citera par exemple la photo prise durant la «bataille de Los Angeles» dans la nuit du 25 février 1942, publiée dans le journal Los Angeles Times.
  2. Les photographies d'ovnis soucoupiques : les photographies de cette catégorie montrent des formes qui évoquent, conformément aux lois de la perspective, celles d'un volume de section circulaire surmonté d'un renflement plus ou moins proéminent. Le simple fait de vouloir les décrire amène une terminologie spécifique qui forme déjà un début d'identification. La valeur informationnelle de cette classe d'images se réfère d'emblée au champ de la culture (la soucoupe volante comme engin extraterrestre), indépendamment de la nature de la chose photographiée.
  3. Les photographies d'ovnis exotiques : celles-ci sont minoritaires car elles ne représentent que 4% des images publiées et se distinguent des deux autres catégories par leur côté atypique. Elles ne s'apparentent ni à la photographie d'ovnis minimales, ni au stéréotype de la soucoupe surmontée d'un dôme. Avec ces photographies, c'est une non identification non pas par défaut de données ou de visibilité mais par discrimination. En conséquence, elles posent le problème de la non-identification de manière nettement plus aiguë que les autres. On peut alors en déduire qu'elles ont un intérêt plus important d'un point de vue heuristique (haute qualité informationnelle). Ce type d'image, lorsqu'il n'est pas ignoré ou rejeté, y compris par les revues spécialisées, reste particulièrement minoritaire dans les publications.

Voici quelques exemples célèbres de photographies d'ovnis :

Traces physiques sur l'environnement

L'étude de ces données se fonde sur les traces physiques de débarquement, les impressions au sol (sol brûlé et/ou desséché, végétation brûlée et abimée, anomalies magnétiques, niveaux accrus de rayonnement et traces métalliques). D'un point de vue méthodologique, il est impossible d'établir avec certitude un lien entre les traces physiques alléguées et l'observation de l'ovni. La cause d'une altération environnementale peut être tout autre que causée par le passage d'un ovni, éventualité qui ne peut jamais être écartée dans la mesure où il n'est pas envisageable de faire les prélèvements juste avant puis juste après l'observation de l'ovni, pour comparaison. L'incident de Rendelsham et le cas de Trans-en-Provence sont deux des plus célèbres incidents où une observation aurait été corroborée par des traces physiques sur l'environnement.

Effets physiques sur témoins

Certains témoins ont déclaré avoir ressenti des effets physiques durant ou après le passage d'un ovni, comme des maux de tête, des acouphènes, des nausées, des brûlures épidermiques ou cornéennes (lors de l'incident de Falcon Lake), ou alors des paralysies temporaires. On a aussi recensé des cas d'empoisonnement radioactif, comme dans l'affaire Cash-Landrum. Cependant, dans la majorité des cas, aucune preuve médicale n'a pu être apportée, ou dans le cas des brûlures, la banalité de la blessure n'exclut pas la possibilité d'un canular.

En France, on peut noter l'existence de deux cas où des témoins ont manifesté un effet physique après avoir «rencontré» un ovni. Les dossiers du GEIPAN relatent des faits qui se sont déroulés le 1er décembre 1979 vers 19 heures 35 dans la commune d'Annot (04)  : un boucher, parti faire une livraison, rapporte avoir été poursuivi pendant 2 km à 80 km/h par une boule jaune qui émettait un bruit strident. Le témoin a subi un choc nerveux ainsi qu'une occlusion intestinale. L'enquête n'a pas permis d'identifier le phénomène observé[41]. L'autre cas s'est produit le 10 mars 1980 dans la commune d'Authon-du-Perche (28)  : une grande forme rectangulaire avec des rampes lumineuses a été observée, après un appel de témoin, par plusieurs gendarmes dont certains ont ressenti ensuite des malaises ou des insomnies. [42]

Détections radar et poursuites

Celles-ci sont fréquemment reconnues parmi les meilleurs cas dans la mesure où elles font participer le personnel et les opérateurs qualifiés civils ou militaires des tours de contrôle parallèlement à un contact visuel. En voici quelques exemples :

Interférences électromagnétiques

Les interférences électromagnétiques concernent les voitures ayant calé, les pannes de courant ou black-out, les interférences radio/télé, les problèmes de communication et de navigation aérienne. Une liste de plus de trente incidents d'avion a été compilée par Dr Richard F. Haines, scientifique à la NASA. L'incident de Téhéran, qui eut lieu en Iran dans la nuit du 18 au 19 septembre 1976, est le cas le plus célèbre du genre.

Une affaire de ce genre s'est aussi déroulée en France, le 3 septembre 1985 vers 22h, à Lyon. Ce soir-là, de nombreux témoins aperçoivent une boule de la grosseur d'une balle de football tomber silencieusement et verticalement dans les eaux du port Édouard-Herriot, en plein centre ville. La boule lumineuse est entourée d'un halo fluorescent vert. À cet instant précis, l'ensemble des éclairages de la voiture de surveillance de la patrouille de police se mettent à clignoter devant l'ensemble des témoins. Par la suite, durant une minute, une lueur jaune-blanchâtre d'un diamètre d'environ 30 mètres est vue dans le fond de l'eau par les personnes présentes sur les lieux. Cette chute est aussi aperçue par d'autres témoins localisés en dehors de la ville de Lyon. Une radioactivité peu importante a été détectée lors des premiers sondages de surface. L'enquête de gendarmerie n'a pas permis d'identifier le phénomène. [46]

Contre-exemple d'un cas d'ovni élucidé

La plupart des observations d'ovnis trouvent après enquête une explication simple. La majorité du temps les ovnis sont des phénomènes prosaïques mal interprétés. Voici un exemple d'un cas d'ovni étudié par le SEPRA.

Le 29 septembre 1988, un garagiste circulant sur l'autoroute Paris-Lille vit une énorme boule rouge traverser la chaussée à quelques dizaines de mètres de lui et rouler en contrebas. Lançant des reflets lumineux et enveloppée d'une fumée dense, la boule finit par s'arrêter dans un champ. Troublé par cette observation, le garagiste alla en rendre compte aux gendarmes de l'autoroute. La gendarmerie, sur ordre du préfet, neutralisa alors l'autoroute et une zone de plusieurs kilomètres autour de l'objet. Le témoin principal et sa famille furent conduits par précaution à l'hôpital où ils subirent une série d'examens. Des agents de la Sécurité civile et de la Sécurité militaire se rendirent sur le lieu de l'incident pourvus de compteurs Geiger. En effet, on attendait à cette période la chute du satellite soviétique Cosmos 1900, équipé d'un générateur électronucléaire, et des consignes précises avaient été données. Le CNES précisa assez rapidement qu'à la même heure Cosmos 1900 survolait l'océan Indien. Avançant avec précaution, les spécialistes de la sécurité s'approchèrent d'une sphère de 1, 50 m de diamètre à peu près. Ils constatèrent qu'elle ne portait aucune trace des échauffements et des effets mécaniques énormes que produit une rentrée atmosphérique et qu'elle était recouverte de petits miroirs. On ne décela près d'elle ni fumée, ni radioactivité. On apprendra plus tard que cette sphère, conçue pour servir d'accessoire à un concert de Jean-Michel Jarre, était tombée du camion qui l'emportait à Londres. Les petits miroirs collés sur son enveloppe en polystyrène étaient conçus pour réfléchir les effets lumineux du spectacle.

Les enquêtes officielles

Depuis une cinquantaine d'années, de nombreuses études scientifiques officielles ou officieuses sur le phénomène ovni ont été menées par divers organismes gouvernementaux et associations d'étude. Certaines études officielles, comme le rapport Condon, concluent que des recherches approfondies «ne peuvent certainement pas se justifier par l'espoir qu'elles pourraient faire progresser la science». Quelques études comme celles du GEPAN sont restées neutres dans leurs conclusions tout en suggérant la poursuite des études scientifiques sur le sujet pour élucider les cas les plus compliqués. D'autres études privées ou gouvernementales (comme le rapport COMETA ou l'estimation de la situation du projet Sign), minoritaires, concluent en faveur de l'hypothèse extraterrestre de certains ovnis et critiquent la position officielle de la communauté scientifique.

Enquêtes états-uniennes

Le gouvernement américain décida d'enquêter sur le phénomène ovni dès la fin des années 1940 et créa différentes commissions d'enquête sur le sujet.

Le 9 juillet 1947, le Service de renseignement de l'Armée de l'air américaine, en coopération avec le FBI, démarra secrètement une enquête visant à étudier les meilleurs témoignages d'ovnis, y compris ceux de Kenneth Arnold et de l'équipage du vol de United Airlines. Le Service de renseignement déclara employer «tous ses scientifiques» pour déterminer si un «tel phénomène pouvait, en fait, se produire». En outre, la recherche fut conduite «en gardant présent à l'esprit que les objets volants étaient peut-être un phénomène céleste» ou «un corps étranger conçu et commandé par des moyens mécaniques»[47]. Trois semaines plus tard, ils conclurent que «ces histoires de soucoupes volantes ne sont pas toutes le fruit de l'imagination ou de l'exagération de certains phénomènes naturels. Il y a vraiment des vols de quelque chose».

«Fusée fantôme» photographiée le 9 juillet 1946 en Suède.

Un supplément d'enquête mené par les divisions technique et de renseignement de l'Air Materiel Command arriva aux mêmes conclusions[48], à savoir que «le phénomène correspond à quelque chose de réel et non à des visions. Ce sont des objets en forme de disque, d'apparence métallique, et gros comme des avions.» Leurs caractéristiques sont une «une vitesse ascensionnelle et une maniabilité extrêmes», une absence de bruit généralement, une absence de traînée, des vols à l'occasion en formation et un comportement «fuyant dès qu'ils sont repérés par un avion ou un radar sans intention hostile». La directive Air Force 200-2 de 1954 définit un ovni comme étant «tout objet aéroporté ayant un comportement, des caractéristiques aérodynamiques ou des particularités insolites ne correspondant à aucun type d'avion ou de missile connus, ou ne pouvant être totalement assimilées à un objet familier». Cette directive stipule que les ovnis de catégorie B doivent être étudiés comme «menace éventuelle pour la sécurité des États-Unis» et qu'il faut en déterminer «les aspects techniques afférents». En outre, le personnel de l'Armée de l'air est sommé de ne pas discuter avec la presse des cas non élucidés. On recommande par conséquent, fin septembre 1947, qu'une étude officielle du phénomène soit mise en place par l'Armée de l'air. Il s'ensuit la création du projet Sign[49] fin 1947, lequel devient le projet Grudge[50] fin 1948, puis le Projet Blue Book[51] en 1952. Blue Book prend fin en 1970, mettant un terme aux investigations officielles des Forces aériennes dans ce domaine.

L'usage de l'appellation ovni à la place de «soucoupe volante» fut suggérée par le capitaine Edward J. Ruppelt, premier directeur du Projet Blue Book, estimant que le terme de «soucoupe volante» ne reflète pas la diversité des observations. Ruppelt relate son expérience dans un mémoire : The Report on Unidentified Flying Objects[52] (1956), premier livre à employer le terme UFO (prononcé you-fœ par l'auteur mais qui est d'une façon plus générale épelé).

Le projet Sign

Le projet Sign fut la première étude scientifique officielle de l'Armée de l'air américaine sur les ovnis à la suite des premières apparitions de soucoupes volantes. Ce projet, qui voit le jour fin 1947 sous l'impulsion du général Nathan F. Twining, a pour quartiers la base aérienne de Wright-Patterson, dans l'Ohio. Il est positionné sous le commandement du capitaine Robert R. Sneider. Quoique le projet ait été classifié "d'accès restreint", son existence est connue du grand public, fréquemment sous l'appellation de «projet Soucoupe». Le projet engage aussi des conseillers scientifiques, comme l'astronome américain Josef Allen Hynek, chargé de distinguer les cas de confusions avec des étoiles ou des météorites.

La première entreprise de grande envergure du projet Sign fut l'étude du célèbre incident de Mantell. Les enquêteurs de Sign arrivèrent à la conclusion que Mantell avait confondu la planète Vénus (en plein après-midi) et qu'il avait été victime d'une défaillance d'oxygène. Ils n'expliquèrent cependant pas les observations concordantes de témoins au sol, ni pourquoi l'avion avait explosé en plein vol.

Au fil des enquêtes, les enquêteurs de Sign devinrent plus favorables à l'hypothèse extraterrestre et remirent une Estimation de la situation au Pentagone. Dans ce rapport, les scientifiques de Sign expliquent en quoi l'hypothèse extraterrestre est selon eux la plus plausible pour expliquer la nature des ovnis les plus mystérieux. Elle fut cependant rejetée par le général Hoyt S. Vandenberg. Quelques mois plus tard, elle fut rendue publique et plus ou moins oubliée. Le Projet Sign fut remplacé par le Projet Grudge fin 1948.

Le projet Grudge

Le projet Grudge fut la seconde étude officielle de l'US Air Force chargée d'étudier le phénomène ovni entre 1949 et 1952. Dirigé par le général Charles Cabell, le projet fut particulièrement controversé en raison d'un certain nombre de démystifications douteuses. Certains y virent une tentative de désinformation de l'US Air Force en réponse aux conclusions du projet Sign.

Comme Sign, Grudge avait établi que la majorité des cas d'ovnis étaient dus à des méprises. Mais tandis que les enquêteurs du projet Sign avaient admis l'existence de cas mystérieux et non identifiés, les enquêteurs du projet Grudge affirmèrent que l'ensemble des cas non identifiés étaient certainement causés par des phénomènes connus. Les enquêteurs du projet Grudge lancèrent une campagne de relations publiques pour expliquer cela aux Américains.

En août 1949, le personnel de Grudge rendit son rapport, y affirmant que l'ensemble des analyses indiquaient que les observations d'ovnis découlent :

  1. d'une méprise avec des objets classiques,
  2. d'une forme d'hystérie collective et de nervosité,
  3. d'individus qui inventent ces observations,
  4. de personnes atteintes de troubles psychiatriques.

Comme le soulignera en 1956 à propos du projet Grudge le futur chef du projet Blue Book (Edward J. Ruppelt dans son ouvrage intitulé The Report on Unidentified Flying Objects)  : «Avec le changement de nom et de personnel, vint le changement d'objectif, clairement affiché, qui était de se débarrasser des ovnis. Ce ne fut jamais rédigé nulle part, mais il ne fallait guère d'efforts pour voir qu'il s'agissait là du véritable objectif du projet Grudge. Ce but inavoué transparaissait dans chaque note de service, rapport ou directive».

Le lieutenant Jerry Cummings, appelé responsable du projet Grudge au début de l'été 1951, déclara : «N'importe qui se moque des enquêteurs du Grudge. Sur l'ordre du patron de l'ATIC, le général Harold Watson, les employés du projet Grudge déprécient toujours les rapports qui leur sont envoyés. Leur seule activité consiste à proposer des explications nouvelles ou originales pour plaire à Washington»[53]. L'astronome américain Josef Allen Hynek, une fois devenu partisan de l'hypothèse extraterrestre, critiqua Grudge pour les mêmes raisons. C'est pour cela que le projet Grudge est le plus souvent perçu par les ufologues défendant l'hypothèse extraterrestre comme une opération de démystification visant à désintéresser la population des ovnis.

Le capitaine Edward J. Ruppelt prend, le 12 septembre 1951, la direction du projet Grudge qui deviendra le projet Blue Book l'année suivante.

Le projet Blue Book

Le projet Blue Book, dirigé par le capitaine Edward J. Ruppelt, fut la plus célèbre des études américaines sur le phénomène ovni. Les trois objectifs officiels du projet Blue Book étaient :

  1. de trouver une explication pour la totalité des témoignages d'observations d'ovnis,
  2. de déterminer si les ovnis représentent une menace pour la sécurité des États-Unis,
  3. de déterminer si les ovnis présentent une technologie avancée que les États-Unis pourraient exploiter.

À cela, vint s'ajouter le rôle de porte-parole gouvernemental sur le phénomène ovni qui obligea, à de nombreuses reprises, les enquêteurs du projet Blue Book à délaisser l'aspect scientifique pour répondre à des considérations plus politiques.

Le projet Blue Book examina 10 147 cas, dont 9 501 furent expliqués. [54] Mais sur les 3 201 cas retenus pour l'analyse statistique, il ressort que les cas avérés mais inexpliqués représentent 22 % de la totalité, et que ce taux atteint 38 % pour les rapports faits par des observateurs militaires qualifiés (pilotes, contrôleurs, services de sécurité). Outre les 10 147 rapports d'observation, les archives du projet Blue Book comprennent 8 360 photos, 20 bobines de film (ce qui représente 6h30 de film) et 23 enregistrements audio d'interviews de témoins.

Cette commission se divisera en une section d'étude, une section d'investigation, un agent de liaison avec le Pentagone et des conseillers scientifiques civils. Les observations d'ovnis particulièrement médiatisées se multipliant au cours de l'année 1952, les hautes sphères du gouvernement commencent à s'intéresser de très près à ce phénomène et décident d'accentuer les investigations dans ce domaine. En septembre 1953, le capitaine Ruppelt démissionne de son poste. Le capitaine Charles Hardin reprend la direction du projet en mars 1954. Devant faire face à de nombreuses attaques sur l'opacité de l'armée à propos du phénomène ovni, le capitaine décide de rendre public le rapport spécial n° 14 du projet Blue Book. Ce rapport, qui conclut à l'inexistence des ovnis, est mis en vente auprès du grand public en octobre 1955[55]. Le capitaine George T. Gregory est destiné à la tête du projet en avril 1956. Il sera remplacé par le major Robert J. Friend en octobre 1958. En avril 1963, le projet Blue Book passe sous les ordres du major Hector Quintanilla. En mars 1966, une observation d'ovni particulièrement médiatisée et les prises de position sceptiques de l'US Air Force amènent plusieurs scientifiques civils du projet (dont Josef Allen Hynek) à prendre publiquement parti pour la réalité du phénomène ovni et , par conséquent, contre la position officielle du projet Blue Book.

Ces divergences amèneront le gouvernement américain à commanditer, en 1969, un rapport d'experts auprès du docteur Edward Condon, de l'université du Colorado, afin d'établir ou non la réalité du phénomène ovni. Ce rapport portant sur une centaine de cas fut rendu public en 1969 sous le nom de rapport Condon[56]. À peu près 15 % des cas d'ovnis étudiés par le comité Condon en 1969 ont été reconnus comme inexpliqués une fois passés en revue par l'Institut américain de l'aéronautique et de l'astronautique (AIAA). Néanmoins, les rédacteurs du rapport Condon conclurent qu'il n'y avait pas de preuves suffisamment solides pour soutenir l'hypothèse extraterrestre et par conséquent que les études sur le phénomène ovni devaient être abandonnées. Le rapport débute par une phrase résumant leurs conclusions : «Notre conclusion générale est que l'étude des ovnis durant ces vingt et une dernières années n'a rien apporté à la connaissance scientifique. L'examen soigneux du dossier tel qu'il nous est disponible nous amène à conclure que d'autres études approfondies des ovnis ne peuvent certainement pas se justifier par l'espoir qu'elles pourraient faire progresser la science.» Ils ajoutèrent que le phénomène ovni n'était certainement dû qu'à des méprises complexes avec des phénomènes prosaïques, mais qu'une frange de 6 à 10 % de cas résistait à l'analyse critique et devait relever de cas d'hallucinations ou de canulars. Le rapport Condon fut une étape importante dans le développement du modèle sociopsychologique du phénomène ovni, qui reste actuellement la position majoritaire au sein de la communauté scientifique respectant les traditions.

L'objectivité de ce rapport fut mise en doute ensuite à cause des conclusions apparemment contradictoires qui y figurent. L'astronome Joseph Allen Hynek, sollicité pour faire partie du comité Condon, affirme avoir refusé d'y participer au vu d'un document introductif distribué par Condon à l'ensemble des membres de la commission et qui indiquait, avant le début de toute enquête, les conclusions négatives auxquelles ceux-ci devaient parvenir (plus tard, des documents de la CIA rendus publics révélèrent que le phénomène ovni risquait d'entraîner des «désordres» sociaux et qu'il était par conséquent vivement recommandé que tout soit mis en œuvre pour désintéresser le public américain de ce sujet). Le rapport suggérait entre autres que des scientifiques reçoivent une formation qui leur permette de ramener le contenu des observations à un ensemble de phénomènes naturels.

Le projet Blue Book sera par conséquent officiellement dissous en décembre 1969 et cessera toute activité en janvier 1970. Conservées jusqu'en 1974 dans les archives de l'Armée de l'air américaine, les archives du projet Blue Book sont stockées depuis 1976 aux archives nationales américaines et consultables en ligne. [57]

Bien que l'affirmation selon laquelle les astronomes n'ont jamais rapporté de témoignage sur les ovnis soit courante, l'US Air Force rapporte qu'environ 1 % des témoignages sur lesquels reposent le projet Blue Book proviennent d'astronomes professionnels ou amateurs. Au cours des années 1950 le professeur Joseph Allen Hynek avait questionné une quarantaine de ses collègues, dont légèrement plus de 10 % avaient effectivement observé des phénomènes inexpliqués. Hynek cite surtout le professeur La Paz, directeur de l'Institut de météorisme de l'université du Nouveau-Mexique, et Clyde Tombaugh, découvreur de la planète Pluton, décédé en 1997. Dans les années 1970, le professeur Peter A. Sturrock a repris le sujet de façon exhaustive, en adressant un questionnaire détaillé aux 2611 membres de l'Association astronomique américaine, en leur garantissant l'anonymat. La moitié a répondu et on trouve une soixantaine d'observations, soit à peu près 5 %. On peut par conséquent dire qu'on trouve chez les astronomes un pourcentage d'observations de PAN comparable à celui de la population générale.

Politique de désinformation

Certains auteurs comme François Parmentier considèrent que les gouvernements désinforment le grand public en ce qui concerne le phénomène ovni, surtout le gouvernement des États-Unis.

En pleine guerre froide, inquiet à l'idée que les récents ovnis pourraient être des prototypes secrets russes (le gouvernement pensait avoir à faire à des armes volantes non identifiées, non pas à des véhicules spatiaux extraterrestres), l'état-major américain décide d'enquêter sur ce phénomène. Dans l'espace aérien américain, différentes procédures de collecte et de transmission des observations sont intégrées dans des systèmes généralistes et surtout sur les observations d'objets non identifiés. La principale procédure mise en place se nomme le CIRVIS, mais dès octobre 1947, le général Schulgen, chef des renseignements de l'état-major de l'air au Pentagone, active la transmission des informations sur les ovnis à l'étranger et ordonne d'en garder le secret sous peine de violation des lois de l'espionnage [58]. Le dispositif outrepasse l'armée : une directive JANAP 146 oblige les militaires, mais également les commandants de bord de l'aviation civile et de la marine marchande, à rapporter leurs observations d'ovnis de toute urgence à certaines autorités, qui doivent elles-mêmes en rendre compte, surtout au Commandement opérationnel de l'air (maintenant NORAD) à Colorado Springs. Cette extension suscite des protestations, en particulier parmi les pilotes civils qui lancent une pétition en 1958. En 1959, le Canada adopte le CIRVIS qui couvre ainsi tout le continent nord-américain[59].

Toute la presse étrangère est minutieusement analysée (même les journaux français, nationaux et locaux). Mais les informations ne sont pas suffisament détaillées et doivent être approfondies. Lorsque Paris Match publie un article sur une observation à proximité de l'aéroport d'Orly, dans la nuit du 18 au 19 février 1956 [60], le nouveau directeur adjoint du renseignement scientifique de la CIA dénigre la presse française tandis que l'intérêt que porte la France aux ovnis est suivi de près. Quand le sujet fait pour la première fois les gros titres de la presse quotidienne nationale, en juin 1952, l'information remonte aussitôt aux États-Unis via un rapport de renseignement[61].

En 1949, un mémorandum du FBI adressé à son directeur, John Edgar Hoover, l'informe que «lors des récentes réunions hebdomadaires de renseignement entre le G-2 (renseignement de l'Armée de terre), l'ONI (renseignement de la Marine), l'OSI (bureau des enquêtes spéciales des Forces aériennes) et le FBI, dans les quartiers de la 4e armée, les officiers du G-2 de la 4e armée ont discuté du problème des "disques volants", "soucoupes volantes" et "boules de feu". Ce sujet est reconnu comme top secret (secret Défense) par les officiers de renseignement de l'Armée de terre et des Forces aériennes» [62]. Ainsi, la divulgation, en 1979, d'une lettre du général de l'Armée de l'air Carroll H. Bolender annonçant la fin imminente du projet Blue Book, ne mettra pas fin aux rapports militaires sur les ovnis pouvant affecter la sécurité nationale parce que ces rapports secret Défense ne font pas partie du dispositif Blue Book[63].

Cette doctrine est élaborée dans l'après-guerre par le Conseil national de sécurité (Directives NSC 4/4A, 4 décembre 1947; NSC 10/2, 18 juin 1948; NSC 68, 14 avril 1950) et le bureau de stratégie psychologique (Psychological Strategy Board (PSB) ), créé le 4 avril 1951 pour lutter contre «l'influence communiste» puis comparé aux ovnis. En 1952, Walter Smith, directeur de la CIA, fait savoir au bureau de stratégie psychologique qu'il transmet au Conseil national de sécurité une proposition de directive «concluant que les problèmes liés aux objets volants non identifiés paraissent avoir des implications en termes de guerre psychologique autant pour le renseignement que pour les opérations et propose de discuter des envisageables utilisations offensives ou défensives de ces phénomènes à des fins de guerre psychologique» (Mémorandum de Walter Smith au directeur du Bureau de stratégie psychologique, 28 septembre 1952) tandis que les intrusions aériennes d'ovnis près des installations nucléaires et sur des sites de missiles atomiques étaient publiquement reconnues comme sans aucun intérêt au cours de la guerre froide (on peut consulter les documents du FBI pour la période selon-guerre, surtout ceux portant sur «la protection des installations vitales» [64] et ceux du Ministère de la Défense pour les années 1970 [65]). Selon le lieutenant Bethune, un officier du renseignement de la Navy (ONI) se rendit inopinément chez lui quelques semaines après un incident. Il l'interrogea sur son observation, lui présenta des photographies de différents types d'ovni à des fins d'identification, puis lui fit cette confidence à propos des rapports de la Navy sur les ovnis et de leur destination : «Ils vont en premier lieu à un comité de douze personnes qui regardent s'ils ont un impact en matière de sécurité nationale. Si une telle incidence est trouvée, les rapports ne sont jamais diffusés ailleurs. Les cas pour lesquels le comité ne trouve pas d'impact sont envoyés à l'Armée de l'air ou aux services de la Marine traitant les cas ordinaires d'ovni» (Commandant Graham Bethune, UFO in the North Atlantic : February 10, 1951, publication privée, 1991, à paraître chez AuthorHouse) [66].

Les sceptiques considèrent pour leur part que c'est le mouvement ufologique qui désinforme le grand public en le trompant sur l'état actuel du débat scientifique concernant la nature du phénomène ovni. Cette idée est reflétée par le titre de certains ouvrages ufosceptiques, tels que UFOs : The public deceived. [67] : selon l'auteur, ceux qui trompent le grand public sont les associations ufologiques qui essaient de propager "l'idéologie" qu'il y aurait des véhicules spatiaux extraterrestres visitant notre planète. De plus, les sceptiques critiquent les médias qui se font bien trop fréquemment l'écho de l'hypothèse extraterrestre [68], sans analyse critique de ce genre de théorie.

Enquêtes françaises

La France, aussi, créa plusieurs organismes de recherche sur le sujet.

Le Groupe d'étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés (GEPAN) était un organisme officiel dépendant du CNES localisé à Toulouse et chargé de l'étude du phénomène ovni. Créé en 1977 sous l'impulsion de Claude Poher, cet organisme avait pour but de réaliser des études sur le phénomène ovni et de coordonner les rapports de la gendarmerie nationale, l'aviation civile, l'armée de l'air et Météo-France en la matière. Il est l'auteur de nombreuses études statistiques. Une autre de ses missions était d'informer le public sur les ovnis, en rédigeant les Notes techniques (comme la Note Technique 16 sur le cas de Trans-en-Provence en 1981). Son premier président fut Claude Poher, de 1977 à 1978. Au début, ce dernier était seul avec une secrétaire à s'occuper du GEPAN, mais bénéficiait cependant de la collaboration officieuse d'autres membres du CNES comme Jean-Jacques Velasco. Il réussira, malgré tout, à obtenir plus de moyens et de personnel. En 1978, le GEPAN compte une dizaine de membres et est supervisé par un conseil scientifique de sept savants et ingénieurs (avec entre autres Hubert Curien). D'autre part, d'autres scientifiques français intéressés par les ovnis participent avec le GEPAN, comme Jean-Pierre Petit, et Poher noue des contacts avec certaines associations ufologiques. Le 30 décembre 1978, Poher, démissionnaire, est remplacé par le mathématicien Alain Esterle, qui sera directeur du GEPAN jusqu'à sa démission en 1983. La direction d'Esterle correspond à la période faste du GEPAN. Les crédits augmentent et Esterle dynamise l'activité de l'organisation, laquelle travaille alors à pleine vitesse. En 1983, la hiérarchie du CNES accule Esterle à la démission. En effet, le GEPAN et l'armée ont mené des expériences de MHD dans le dos de Jean-Pierre Petit, qui avait néenmoins lancé l'idée. Par crainte du scandale, Esterle est par conséquent congédié. Jean-Jacques Velasco, spécialiste en optique, le remplace au poste de directeur, entre 1983 et 1988. Le GEPAN est alors contesté. En plus de l'affaire MHD, énormément de savants rationalistes contestent la raison d'être du GEPAN, alors que les ufologues critiquent la réserve et la prudence qu'observe l'organisme sur les ovnis. De plus, le CNES diminue son soutien au GEPAN. À partir de 1983, le Conseil scientifique est supprimé, la publication des Notes techniques arrêtée et l'activité de l'organisme s'essouffle. Finalement, en 1988, le GEPAN est remplacé par le SEPRA.

Le Service d'expertise des phénomènes de rentrée atmosphérique (SEPRA) avait deux objectifs : prévoir et étudier les rentrées atmosphériques de météores et de satellites et analyser les informations concernant les PAN (phénomènes aérospatiaux non identifiés, appellation officielle des ovnis au CNES). En 2000, l'étude des rentrées atmosphériques lui fut retirée, l'obligeant à se consacrer seulement à l'étude des PAN. Contrairement au GEPAN, le SEPRA n'a jamais été pourvu de vrais moyens de mener des investigations rigoureuses, et n'a jamais publié de notes techniques pour rendre publiques ses conclusions. Le SEPRA ne pouvait pas engager des enquêtes scientifiques de son propre chef, mais avait accès à l'ensemble des rapports de gendarmerie sur les ovnis, ainsi qu'aux dossiers des compagnies aériennes sur les observations effectuées par leurs pilotes. En 2001-2002, le CNES, désireux de supprimer le SEPRA, lança un audit auprès de trente-trois personnalités scientifiques, politiques et militaires, sur l'obligation d'étudier le phénomène ovni. Le résultat de cet audit, à savoir que l'étude des ovnis peut avoir un intérêt scientifique, sauva provisoirement le SEPRA. Cependant, en 2004, officiellement à cause de sa réorganisation interne, le CNES décida de supprimer le SEPRA, mais la vraie raison était la prise de position de M. Velasco en faveur de l'origine extraterrestre de certains ovnis ainsi qu'à la publication d'un ouvrage[69]. Le SEPRA renaîtra cependant de ses cendres en 2005 sous le nom de GEIPAN.

Le Groupe d'étude et d'information sur les PAN (GEIPAN) est positionné sous l'égide d'un comité de pilotage qui donne au CNES ses recommandations sur ses orientations et son fonctionnement. Présidé par Yves Sillard, ancien directeur général du CNES, il comprend quinze membres, représentant les autorités civiles et militaires françaises (gendarmerie, police, sécurité civile, DGAC, armée de l'air) et le monde scientifique (CNRS, Météo-France, CNES). Parmi les quelque mille six cents cas présents dans les dossiers du CNES, certains restent inexplicables «en dépit de la précision des témoignages et de la qualité des éléments matériels recueillis», après enquête du GEIPAN. Ces cas sont désignés sous l'appellation de «phénomènes aérospatiaux de catégorie D» ou «PAN D».

De cette étude menée par des enquêteurs du GEIPAN, ressortent les chiffres suivants :

À noter que si un établissement public comme le GEIPAN répertorie les cas civils d'enquêtes sur les ovnis, il existe un autre établissement, celui-là militaire (dont l'existence a été rendue publique au Journal Officiel du 12 janvier 1955), la Section d'étude des mystérieux objets célestes, ou SEMOC. Ses archives sont classées secret Défense, au contraire de celles du GEIPAN.

A l'échelle de l'Union Européenne, le "Committee on Energy, Research and Technology" devait étudier l'opportunité d'une recherche sur les ovnis. En février 1993 le rapporteur de la commission sur ce sujet, le physicien italien Tullio Regge, recommandait la mise en place d'une recherche européenne sur le modèle du SEPRA de l'époque. Cette résolution ne fut pas discutée au Parlement Européen pour des raisons politiques et budgétaires, mais en aucun cas pour des raisons scientifiques. La situation à depuis évolué en France avec la création du GEIPAN et la mise en ligne de la totalité de ses archives. Depuis l'ouverture au public de ces archives le 22 mars 2007[70], on constate que de nombreuses personnes ayant suivi un cursus scientifique (qu'il s'agisse de pilotes de lignes ou de contrôleurs aériens) ont été témoins d'observations. Ces observations faites par des personnels soumis régulièrement à des tests psychologiques et recrutés entre autres pour leur bonne vue, sont hautement crédibles. De nombreuses observations faites par des ingénieurs de l'aviation ont été répertoriées par le GEIPAN. [71]

Enquêtes britanniques

La Grande-Bretagne a conduit plusieurs enquêtes au sujet des ovnis. Le contenu de certaines de ces enquêtes a depuis été rendu public.


Enquêtes canadiennes

En 1950, le gouvernement canadien crée le projet Magnet, sous l'égide de l'ingénieur James Wilbert Brockhouse Smith, lequel gère le projet jusqu'à sa dissolution en 1954. Ce projet est marqué surtout par les déclarations de son directeur qui, dès 1953, tient publiquement les propos suivants : «Il apparaît tandis que nous sommes face à une forte probabilité de l'existence réelle de véhicules extraterrestres, indépendamment de leur accord avec notre vision des choses.»

Le ministère de la défense nationale a mené des enquêtes sur les ovnis tout autour du Canada, surtout à Duhamel, Alberta, à Falcon Lake, au Manitoba ainsi qu'à Shag Harbour[72].

Autres pays

D'autre part, dans d'autres pays, l'armée (Royaume-Uni ou l'Espagne par exemple), les services de renseignement (KGB en Union soviétique), ou des agences civiles (Pérou) ont enquêté sur le phénomène ovni.

Ufologie

L'ufologie est une discipline non-officielle, fréquemment amateure, qui consiste à recueillir, analyser et interpréter tout ce qui se rapporte au phénomène ovni (photographies, témoignages, traces au sol, etc. ). Elle est née dans les années 1950, en même temps que la médiatisation de l'observation de Kenneth Arnold et de l'incident de Roswell, traduisant le besoin chez certaines personnes de comprendre le phénomène et de s'informer à son sujet. Ce qui caractérise l'ufologie c'est qu'elle consiste en une étude non-officielle des ovnis, comparé aux études officielles de l'armée de l'air des États-Unis ou du CNES par exemple. Au contraire de une idée reçue, l'ufologie n'a pas vocation à défendre l'hypothèse extraterrestre des ovnis. En effet, de nombreux ufologues étudient l'aspect sociopsychologique de ce phénomène, d'autres mêmes défendent des théories paranormales.

Parmi les ufologues, on retrouve des scientifiques et des ingénieurs mais le plus souvent des gens n'ayant aucune formation scientifique. L'ufologie est fréquemment reconnue comme une pseudo-science par ses détracteurs.

Article détaillé : ufologie.

Cas inexpliqués : interprétations et hypothèses

Altocumulus lenticularis, nuage ayant pu entraîner des méprises complexes.

Les statistiques issues d'études d'organismes gouvernementaux officiels indiquent que la majorité des témoignages d'ovnis repose sur une identification erronée (ou méprise) de phénomènes connus. Cet élément n'est pas sujet à controverse. Néanmoins, le débat est toujours d'actualité en ce qui concerne les cas inexpliqués. Deux tendances principales sont apparues : d'un côté ceux qui affirment que l'hypothèse sociopsychologique ou alors l'hypothèse d'armes volantes non-identifiées sont les meilleures pour expliquer les cas d'ovni inexpliqués tant qu'aucune preuve solide, matérielle, ne vient soutenir l'hypothèse extraterrestre. Cette position est , toujours actuellement, la position officielle de la majorité de la communauté scientifique. De nombreux sceptiques vont plus loin et considèrent que la totalité des observations pourrait être ramené à des éléments prosaïques tels qu'une identification erronée de phénomènes astronomiques, météorologiques ou d'engins humains, à des canulars ainsi qu'à des phénomènes sociopsychologiques (connus ou non) tels que des méprises complexes, des illusions d'optiques, un phénomène optique inconnu ou encore une paralysie du sommeil (explication fréquemment donnée pour les prétendues abductions extraterrestres).

C'est ce point précis, tendant à expliquer l'ensemble des cas, même inexpliqués, par l'hypothèse sociopsychologique, que contestent certains scientifiques en estimant que les enquêtes officielles menées sur le sujet par différents gouvernements n'ont pas permis de déterminer la nature de la totalité des ovnis et incitent à la poursuite des recherches, surtout sur les cas toujours inexpliqués, même par l'hypothèse sociopsychologique. Parmi eux on trouve des scientifiques comme Carl Sagan, Peter A. Sturrock, Josef Allen Hynek[73], Philip Morrison ou encore Thornton Page mais aussi les membres de l'actuel GEIPAN[74]. Un travail identique sera aussi réalisé par le sous-comité ovni constitué au sein de l'AIAA par Kuettner. Aussi Richard F. Haines ou Paul R. Hill, spécialistes en aéronautique de la NASA, étudieront divers cas et publieront des ouvrages techniques sur le sujet. D'autres vont plus loin en estimant qu'une frange de cas inexpliqués pourrait être due à des visites extraterrestres de la Terre (hypothèse extraterrestre). On retrouve parmi eux des scientifiques comme Jean-Pierre Petit ou Jean-Jacques Velasco mais aussi les membres de l'association française COMETA. [75].

Bibliographie
  • Allan Hendry : The UFO Handbook : A Guide to investigating, evaluating and reporting UFO sightings (1980). éd. Sphere Books.
  • Andrea Feliziani et Gabriella Giunta : Persi nella Memoria, Mondadori Illustrati, Milan, Italie, 2006, (pp 160).
  • Association COMETA, Les ovnis et la Défense (2003), Éditions du Rocher.
  • Barthel G. et Brueker : La Grande peur martienne (1979). Nouvelles Éditions rationalistes, Paris.
  • Bertrand Méheust :
  1. Science-fiction et soucoupes volantes (1976). éd. Mercure de France, Paris.
  2. Retour sur l'«anomalie belge (2000). éd. Le Livre bleu.
  • Carl Gustav Jung : Un mythe moderne (1961). éd. Folio Essais, Paris.
  • Carl Sagan & Thornton Page : UFO's - A Scientific Debate (1972). Cornell University Press. Actes d'un colloque de l'Association américaine pour le progrès des sciences (AAAS).
  • CNEGU : Opération Saros (1976-1994) - Des Ovnis reproductibles, une hypothèse vérifiée (1994). Cnegu, Fontaine-les-Dijon.
  • Colin Wilson : L'Inexpliqué : ovnis et extra-terrestres (Ed. Hors collection Junior, 1998).
  • Comission Condon : Scientific Study of Unidentified Flying Objects (1968). University of Colorado. Le rapport Condon est disponible (en anglais) sur le web dans son intégralité [9].
  • Didier Charnay, François Haÿs : Le Guide des ouvrages ufologiques francophones (2005). Les Éditions du 24 juin (www. ufolog. org).
  • Donald Menzel, pour la totalité de ses travaux, surtout sur les «bulles de convection» expliquant les faux échos radar.
  • François C. Bourbeau :
  1. CONTACT 158 (1984). Éditions Louise Courteau, Verdun, Québec, 200 pages, illustré.
  2. Les Médias cachent la réalité ovni au public (1996). Éditions du Collège Invisible, Montréal, Québec, 352 pages, illustré.
  • François Parmentier, Ovni : soixante ans de désinformation, Monaco, Éditions du Rocher, 2004
  • George M. Eberhart : UFOs and the Extraterrestrial Contact Movement : A Bibliography (1986), 2 volumes. éd. The Scarecrow Press.
  • Frazier, K., Karr, B., & Nickell, J.  : The Ufo Invasion (1997). Prometheus Books, New York.
  • Hervé Laronde : Extra-terrestres ou voyageurs du temps ? (1979). Connaissance de l'étrange, éd. Alain Lefeuvre, Nice in-8° br. 292 p.
  • Jean-Gabriel Greslé : Documents interdits : Ce que savent les états-majors (2005). éd. Dervy, Paris, 340 p.
  • Jean-Jacques Velasco, ex-directeur du SEPRA au CNES : Ovnis l'évidence (2004). éd. Carnot.
  • Jean-Philippe Dain L'Épreuve de la preuve. La photographie et le phénomène des ovnis, Mémoire de maîtrise sous la direction de André Rouillé, Université Paris 8 - Département Image photographique, 1994.
  • Jean-Pierre Petit :
  1. Enquête sur les ovnis – Voyage aux frontières de la science, Albin Michel, Paris, 1990, (ISBN 2-226-04120-6)
  2. Ovnis et armes secrètes américaines – L'extraordinaire témoignage d'un scientifique, Albin Michel, Paris, 2003 (ISBN 2-226-13616-9) + Librairie générale française, Paris, 2005 (ISBN 2-253-11494-4)
  3. L'Année du contact – D'autres intelligences sont-elles à l'œuvre dans l'univers ?, Albin Michel, Paris, 2004 (ISBN 2-226-15136-2)
  • Jerome Clark : The UFO Encyclopedia, 2 volumes. éd. Omnigraphics.
  • Jimenez, M.  :
  1. Témoignage d'ovnis et psychologie de la perception. Thèse d'État en psychologie expérimentale. Montpellier : université Paul-Valéry.
  2. «Pour une approche constructiviste des erreurs perceptives : l'exemple des témoignages des phénomènes rares», Sciences, 97.45-52.
  3. La psychologie de la vision. 2ème partie : La construction de la signification. Paris : Flammarion.
  4. «Note Technique du GEPAN n° 15 : Recherche des stéréotypes – Dessine-moi un ovni».
  1. Les Objets volants non identifiés : mythe ou réalité ? (1974). éd. Belfond. réédition J'ai Lu (1975).
  2. Nouveau rapport sur les ovnis (1979). éd. Belfond.
  • Julius Obsequens, Liber de prodigiis : certaines anecdotes rapportées sont des ovnis selon des ufologues.
  • Les cahiers zététiques, n°6, printemps 96 : «Un "cas Béton" de la SOBEPS ; le cas "Bidule"».
  • Marc Hallet :
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  • Michel Monnerie :
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  2. Le Naufrage des extra-terrestres (1979). Nouvelles Éditions rationalistes, Paris.
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  2. The UFO enigma - A new Review of the Physical Evidence, Warner Books, 1999, ISBN 0446677094 (traduit comme La Science face à l'énigme des ovnis, Presse du Châtelet, novembre 2002)
  • Pinvidic, P.  : Ovni - Vers une anthropologie d'un mythe contemporain (1993). éd. Heimdal, Paris.
  • Philip J. Klass :
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  1. Vague d'ovnis sur la Belgique : Un dossier exceptionnel (1991).
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  • Yves Sillard :Phénomènes aérospatiaux non identifiés : un défi à la science (2007). éd. Le cherche midi.

Liens externes

Site officiel français

  • (fr) GEIPAN, site officiel français sur les OVNIs

Sites encyclopédiques sur le phénomène OVNI

Notes et références

  1. Dr. J. Allen Hynek Speaking at the United Nations, 27 novembre 1978
  2. ovni dans l'art et l'histoire
  3. Journal du professeur Alberto Tulli, ancien directeur de la section «Égypte» du musée du Vatican.
  4. Julius Obsequens, Liber de prodigiis : certaines anecdotes rapportées sont des ovnis selon des ufologues.
  5. Observation du général Yoritsume en 1235.
  6. Gravure sur bois de Hans Glaser, 1566.
  7. Diego Cuogi, Arts et ovnis ? (analyse critique de prétendus ovnis figurés dans des œuvres d'art du passé).
  8. L'ovni de Copiago.
  9. ovni de Denison.
  10. Observation de E. W. Maunder.
  11. Observation de Frank Schofield.
  12. L'incident de Fàtima.
  13. Les foo fighters.
  14. La bataille de Los Angeles.
  15. Ghostrockets.
  16. Observation de Kenneth Arnold.
  17. Results of a Search for Records Concerning the 1947 Crash Near Roswell, New Mexico (Letter Report, 07/28/95, GAO/NSIAD-95-187) , General Accounting Office Government Records, Federation of American Scientists (Republished by). Consulté le 1er octobre 2006
  18. ab B. D “Duke” Gildenberg, «A Roswell Requiem», dans Skeptic, vol.  10, no 1, 2003 [texte intégral] 
  19. “The Roswell Report : Case Closed, ” Appendix C, "Transcript of interview with W. Glenn Dennis", interview with Karl T. Pflock, 2 novembre 1992, pp. 211-226, James McAndrews, Headquarters United States Air Force, 1997 http ://www. gl. iit. edu/wadc/history/Roswell/roswell. pdf
  20. Physics lecture in which Prof. Richard A. Muller gives a detailed explanation of the science behind the 1947 event (Google Video)
  21. PFLOCK now believes that no flying saucer crashed in New Mexico in 1947, The Klass Files, publié dans The Skeptics UFO Newsletter (SUN) numéro 43, janvier 1997, http ://www. csicop. org/klassfiles/SUN-43. html
  22. Another Major Roswell Crashed-Saucer Proponent'Abandons Ship', The Klass Files, publié dans The Skeptics UFO Newsletter (SUN) numéro 44, mars 1997, http ://www. csicop. org/klassfiles/SUN-44. html
  23. Stop the Presses!, The Klass Files, publié dans The Skeptics UFO Newsletter (SUN) numéro 47, septembre 1997, http ://www. csicop. org/klassfiles/SUN-47. html
  24. sondage réalisé auprès du public de l'émission L'arène de France sur France 2, diffusée le 21 mars 2007 et dont le thème était "Les extraterrestres sont-ils déjà venus sur Terre ?"
  25. Biographie de Whitley Strieber.
  26. Inside the space ships par Charlotte Blodget (1955) - Selon les propos d'Adamski.
  27. Site du GEIPAN
  28. Site du GEIPAN
  29. Site du GEIPAN
  30. Jean-Philippe Dain, L'Épreuve de la preuve. La photographie et le phénomène des ovnis, mémoire de maîtrise sous la direction de André Rouillé, université Paris 8 - Département Image photographique, 1994.
  31. L'observation de l'île de la Trinité
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  33. Inforespace, n° 100, 2000, 5-40. Internet, février 2001
  34. Inforespace, n° 101, décembre 2000, 57-63. Internet, 2001
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  38. Interview de Jean-Jacques Vélasco sur Sud Radio : L'affaire dite de l'Amarante ; Source : Fichiers audios proposés sur ufocom. org
  39. Site du GEIPAN
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  41. Site du GEIPAN
  42. Site du GEIPAN
  43. Rapport de gendarmerie
  44. Vidéo sur Dailymotion
  45. Site du GEIPAN
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  48. Note de l'Air Materiel Command
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  52. The Report on Unidentified Flying Objects, par Edward J. Ruppelt.
  53. [1] Biographie de Jerry Cummings sur le site RRO
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  56. Le rapport Condon.
  57. Archives en ligne du projet Blue Book [3]
  58. (Mémorandum du 28 octobre 1947; disponible ici : [4])
  59. Bibliothèque et archives Canada
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  62. (Mémorandum déclassifié du FBI du 31 janvier 1949; téléchargeable sur le site du FBI : [6], p. 61-63)
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  69. Velasco, J-J. ex-directeur du SEPRA au CNES : Ovnis l'évidence (2004). éd. Carnot.
  70. Archives en ligne du GEIPAN[8]
  71. archives en ligne du GEIPAN : 26 août 1998 ÆRO 1998-08-01514, 22 octobre 1988 NUKU HIVA (987), 15 octobre 2004 ÆRO 2004-10-01631, 13 février 1997 MARTIGUES (13), 12 septembre 1998 ÆRO 1998-08-01510, 9 décembre 2002 GRAVELINES (59), 8 octobre 2000 ÆRO 2000-10-01558, 2 septembre 1987 FORT DE FRANCE (972), 1 novembre 2002 GRENADE SUR L'ADOUR (40)
  72. (fr) Le phénomène des ovnis au Canada, une exposition de musée virtuelle à Bibliothèque et Archives Canada
  73. Josef Allen Hynek
  74. voir le livre de Jean-Jacques Velasco Ovni, l'évidence
  75. Voir le livre de Jean-Jacques Velasco Ovni, l'évidence.

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