Projet Alpha

Le projet Alpha est le nom d'un célèbre canular qui eut lieu dans le Laboratoire de recherche parapsychique Mc Donnell, orchestré par l'illusionniste sceptique James Randi.



Catégories :

Parapsychologie - Critique des croyances - Mouvement sceptique contemporain

Recherche sur Google Images :


Source image : www.rap1pulsif.com
Cette image est un résultat de recherche de Google Image. Elle est peut-être réduite par rapport à l'originale et/ou protégée par des droits d'auteur.

Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • Randi, célèbre illusionniste américain, découvrit l'astuce du plus célèbre tordeur de ... Randi piégea les parapsychologues du " projet Alpha " aux Etats- Unis.... Le laboratoire accueillait des médiums et magiciens en tout genre, ... (source : unice)
  • C'est pourquoi il critiqua plus tard le «projet Alpha» de Randi visant à infiltrer des prestidigitateurs dans le laboratoire de parapsychologie de ... (source : metapsychique)

Le projet Alpha est le nom d'un célèbre canular qui eut lieu dans le Laboratoire de recherche parapsychique Mc Donnell, orchestré par l'illusionniste sceptique James Randi.

Les expériences de Peter Phillips

En 1979, James S. McDonnell, Directeur Général de McDonnell-Douglas et partisan du paranormal, fit un don de 500.000 dollars à l'Université Washington de Saint Louis, Missouri, pour la création d'un Laboratoire McDonnell de recherche parapsychique. Il voulait que l'argent soit affecté à l'étude sérieuse des phénomènes psychiques dans des conditions contrôlées. Le physicien Peter Phillips décida de se focaliser sur le pliage des petites cuillères par les enfants, connu techniquement sous les termes de "pliage de métal psychokinétique".

Avant que commencent les opérations, Randi avait rédigé au laboratoire en leur soumettant une liste de 11 "avertissements" auxquels ils devraient prendre garde, et donna ses suggestions afin d'en éviter les écueils. Ceux-ci comprenaient par exemple une adhésion rigide et sans faille au protocole du test , ou qu'il ne soit pas permis aux sujets de le modifier au cours du déroulement de l'épreuve. C'était d'ailleurs le modus operandi d'Uri Geller lorsqu'il était testé au Stanford Research Institute (SRI) , si quelque-chose ne marchait pas, il faisait simplement autre chose à la place. Ses autres suggestions recommandaient de n'avoir qu'un seul objet d'étude à la fois, en marquant l'objet utilisé de façon permanente afin qu'il ne puisse pas être substitué, et d'avoir le moins de personnes envisageable dans la pièce afin d'éviter toute distraction. Randi offrit aussi ses services pour être présent comme contrôle pendant les expériences, notant qu'un prestidigitateur serait une excellente personne pour percevoir des falsifications. Offre à laquelle Phillips ne daigna pas répondre.

Steve Shaw et Michæl Edwards

Dans les premiers moments du projet, énormément de personnes se présentèrent au labo comme possédant des pouvoirs psi. La grande majorité fit rapidement la preuve de n'avoir aucune capacité de ce genre, ou juste en ayant recours à des tours de mains pour faire en sorte que leurs "capacités" fonctionnent. Cependant, peu de temps après, deux jeunes gens se firent remarquer en étant bien meilleurs que les autres, le labo commença par conséquent à se focaliser sur ces derniers, Steve Shaw et Michæl Edwards. En réalité, ces deux jeunes hommes étaient des agents «infiltrés» de James Randi, amis de ce dernier qu'il avait rencontré peu de temps avant. Tous deux étaient magiciens amateurs, et ils n'eurent aucun problème à tromper les chercheurs en recourant aux trucs les plus simples. Il est important de préciser que les prestidigitateurs avaient reçu comme instruction de révéler leur vraie nature si la question leur était posé. Le projet avait débuté avec le pliage de petites cuillères, ainsi les deux compères développèrent un moyen pour réussir ce truc.

Au contraire de l'un des avertissements que Randi avait noté dans sa première lettre, le protocole du test comprenait toutes sortes de cuillères sur la table, notées au moyen d'un bout de papier attaché à la cuillère par un fil, au lieu d'un marquage permanent comme Randi l'avait préconisé. Les deux cobayes réussirent rapidement à simplement subtiliser une cuillère, à la plier sur le bord d'une table et a substituer les étiquettes avec une main, pendant que dans le même temps ils prétendaient étudier et "travailler" une autre cuillère dans l'autre main. Un des opérateurs caméraman les filmait pendant leur tour de passe-passe, et cela même après qu'ils lui eurent recommandé de les prendre seulement dans le feu de l'action, mais de ne pas filmer ce qui se passait dans l'autre main. Voyant son obstination à les filmer tout le temps et en entier, ils prirent un air ennuyé en prétextant que le caméraman en question dégageait de "mauvaises ondes", et attendaient jusqu'à ce qu'on lui demanda de partir. Ils reprirent ensuite leur petit manège, mais cette fois avec un caméraman plus suggestible et moins compétent. Cet épisode est une violation claire et nette d'un des avertissements de Randi, car le déroulement du test aurait dû être stoppé à ce moment précis et enregistré comme un échec.

Les deux compères réussissaient tellement bien leur torsion de cuillère, que plusieurs autres tests furent découverts. Dans l'un d'eux on leur donnait des enveloppes scellées dans lesquelles se trouvaient des images, en leur demandant d'identifier les dessins à partir d'une liste qu'on leur présentait plus tard. Étonnamment, ils étaient laissés tous seuls dans une pièce avec les enveloppes, et quoiqu'ils aient la possibilité de jeter un œil, il y a avait un contrôle postérieur des enveloppes. Les enveloppes étaient fermées par quatre agrafes qu'ils enlevaient simplement avec leurs ongles, regardaient l'image, et scellaient l'enveloppe en remettant soigneusement les agrafes dans leurs trous et les repliaient en les appuyant sur la table.

Dans un autre test , l'expérience était purement électronique, on demandait aux deux cobayes d'influencer un fusible pour le griller. Après l'avoir "travaillé" avec leur esprit, une quantité croissante de courant le traversa jusqu'à ce qu'il grille. Les deux sujets firent par conséquent la preuve de leurs invraiidentiques capacités dans ce test , causant effectivement l'éclatement des fusibles immédiatement après qu'ils eurent servi. En réalité, ils escamotaient tout simplement des fusibles déjà grillés et les présentaient aux expérimentateurs. Ils virent aussi qu'en pressant uniquement sur le bout du support des fusibles, ou en le touchant brièvement, les instruments enregistraient des résultats inhabituels qui étaient interprétés par les expérimentateurs comme des effets psi.

D'autres exemples montrèrent leurs formidables capacités à stopper des montres digitales ou à les dérégler (ils les mettaient dans un four micro-ondes quelques secondes), faire apparaître des images sur des photos (ils crachaient simplement sur l'objectif de l'appareil) et influencer des objets positionnés au sein de récipients scellés (ils soufflaient dedans par une ouverture).

La révélation et ses conséquences

Au milieu de 1981, Shaw et Edwards étaient devenus célèbres dans le monde de la parapsychologie, Phillips avait d'ailleurs planifié de faire un compte-rendu de leurs pouvoirs lors d'un meeting psi prévu en août. Après les annonces dans la presse, Randi écrivit de nouveau au laboratoire et déclara qu'il était fort envisageable que les deux sujets soient des magiciens, et qu'ils aient recours à des trucs pour tromper les chercheurs. En juillet 1981, Phillips demanda finalement à Randi de se joindre à lui lors de certaines expériences. Randi lui répondit avec une cassette vidéo lui montrant comment il était envisageable de répliquer les expériences de pliage de cuillères ou de clés, en utilisant précisément la même méthode que celle qu'ils utilisaient au laboratoire. Phillips accepta de montrer cette vidéo lors du meeting à venir.

Randi commença à raconter partout que les deux sujets étaient deux de ses amis infiltrés, rumeurs qui atteignirent le laboratoire une semaine plus tard mais furent reconnues comme une plaisanterie. Jusqu'au jour du meeting, ces histoires avaient abondamment circulé. Les réactions étaient variées, certains pensaient qu'il s'agissait tout simplement d'un mensonge, d'autres que Randi avait monté un canular, d'autres toujours conclurent que l'expérience dans son entier était une conspiration de Randi et de Phillips dans l'objectif de discréditer le monde de la parapsychologie.

De retour du meeting, Phillips changea immédiatement les protocoles des tests. Shaw et Edwards trouvèrent qu'il devenait par conséquent plus complexe de tromper les expérimentateurs, dans la majorité des cas uniquement, mais pas forcément. Pendant ce temps-là, le laboratoire commença à donner des comptes-rendus additionnels qui tiraient sérieusement vers le bas les taux de réussite. Il devenait clair qu'ils comprirent enfin ce qu'il s'était passé. Cependant, arrivé à ce stade ils étaient devenus si populaires qu'ils étaient demandés partout, pour faire la démonstration de leurs fabuleux pouvoirs. Plusieurs autres chercheurs en parapsychologie interviewèrent les deux magiciens qui firent des comptes-rendus éclatants, les plongeant eux-mêmes dans une conséquence définitive et inéluctable.

Randi décida de mettre fin au projet et fit une déclaration sur l'affaire dans Discover Magazine. Il s'en résulta un blocage immédiat et profond du monde de la parapsychologie, énormément des chercheurs qui essayaient d'entrer dans le domaine parapsy après le meeting d'août furent emportés par le processus. L'un d'eux refusait les évidences en affirmant que Shaw et Edwards avaient réellement des pouvoirs psi, et qu'ils mentaient en disant être magiciens. Quoique le laboratoire McDonnell eût énormément perfectionné ses expériences, la presse fut si critique qu'il dut abandonner. Le projet Alpha peut avoir été perçu comme une réussite dans l'esprit des chercheurs parapsychologues, mais cela jeta aussi un froid sur la totalité du domaine parapsychologique. Plusieurs autres expériences, néenmoins non concernées et non entachées des défauts du projet, furent réduites à néant dans la débâcle post Alpha.

Critiques du projet Alpha : la version de la Parapsychological Association

Le projet Alpha, tel que James Randi et la majorité des sceptiques le présentent, a été particulièrement critiqué par plusieurs parapsychologues. Les comptes-rendus proposés par Mario Varvoglis (dans la rationalité de l'irrationnel) ou Richard Broughton ("Parapsychologie : une science controversée") proposent un tout autre regard sur cette affaire à laquelle ils ont assisté comme témoins direct. Voici les arguments avancés par les parapsychologues :

Ceux qui subventionnaient le laboratoire furent embarrassés et fermèrent le laboratoire.

Pour les parapsychologues, le projet alpha est bon exemple de manipulation des médias de la part de certains sceptiques comme James Randi, qui a déjà été condamné à plusieurs reprise pour diffamation (par exemple Uri Geller lui a fait un procès quand James Randi a affirmé dans les médias que sa prétendue capacité psychokinétique à tordre les cuillères relevaient seulement de trucages d'illusionnistes) . La version du projet Alpha telle que décrite par Randi a ensuite été reprise dans différents journaux et ouvrages donnant ainsi une image biaisée de la parapsychologie scientifique rendant d'autant plus complexe le travail de ces chercheurs. Michæl A. Thalbourne proposa une analyse détaillée de cet évènement médiatique qui symbolise le rejet actuel des recherches en parapsychologie et de la mouvance des sceptiques médiatiques dans un article intitulé : "Science vs. Showmanship : A History of the Randi Hoax". Lyod M. Auerbach a aussi rédigé un article intitulé "Project Alpha : Showmanship vs. Science" (ASPR NewsLetter, 1983, n°9) qui analyse cette affaire.

Williman Broad, du New York Times, fit remarquer que si Randi avait été psychologue, son imposture lui eut valu pas mal d'ennuis auprès de la commission d'éthique de l'American Psychological Association (New York Times du 15 février 1983). Lors du congrès de 1983 de la Parapsychological Association, l'attitude de Randi a été particulièrement vivement critiquée par les parapsychologues et explique en partie pourquoi de nombreux parapsychologues refusent de travailler avec une personne en qui ils n'ont aucune confiance.

A l'inverse les membres du Committee for Skeptical Inquiry et la totalité de la communauté sceptique ont salué ces façons de faire, dans la mesure où elle mettait en évidence la naïveté et l'incompétence des parapsychologues en question.

Bibliographie
  • Mario Varvoglis, La rationalité de l'irrationnel
  • Richard Broughton, La parapsychologie : une science controversée
  • Michel de Pracontal, L'imposture scientifique en 10 leçons (voir leçon 8 : Esprits et démons, tu invoqueras)  ;
  • Henri Broch, Le paranormal. Ses documents, ses hommes, ses méthodes. (voir Les méthodes, chapître 3 : Le «projet Alpha» (ou Un gros pavé dans la mare) ).
  • James E Alcock, Parapsychologie : science ou magie?, Flammarion, 1992

Lien externe

Recherche sur Amazone (livres) :



Ce texte est issu de l'encyclopédie Wikipedia. Vous pouvez consulter sa version originale dans cette encyclopédie à l'adresse http://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_Alpha.
Voir la liste des contributeurs.
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 07/07/2009.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.
Accueil Recherche Aller au contenuDébut page
ContactContact ImprimerImprimer liens d'évitement et raccourcis clavierAccessibilité
Aller au menu