Pseudo-science / Pseudoscience

Une pseudo-science est une démarche prétendument scientifique qui ne respecte pas les canons de la méthode scientifique, dont celui de réfutabilité.



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Pseudo-science - Critique des croyances - Mouvement sceptique contemporain - Modèle sociopsychologique du phénomène ovni

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  • Pseudo-science. Du grec pseudês, «menteur». Fausse science. Ensemble d'idées qu'on cherche à faire passer pour scientifiques lorsque, au contraire, ... (source : sceptiques.qc)

Une pseudo-science (Du grec pseudês ψευδἡς : «faux») est une démarche prétendument scientifique qui ne respecte pas les canons de la méthode scientifique, dont celui de réfutabilité.

Ce terme, de connotation normative, est utilisé dans l'objectif de dénoncer certaines disciplines en les démarquant des démarches au caractère scientifique reconnu.

Sémantique

Le vocabulaire véhicule une valorisation. "Pseudo-science" relève du vocabulaire positiviste ou néo-positiviste : Carnap[1] et Neurath parlaient de "pseudo-énoncés" (Scheinsätze), à propos d'expressions linguistiques ou de propositions logiques qui relèvent d'un langage étranger à la science physique (physicalisme) ou qui ne renvoie pas à des expériences sensibles (phénoménalisme), ce qui englobe la métaphysique et les sciences occultes.

«Pseudo-scientifique» est différent de «non scientifique». Le préfixe pseudo[2], qui vient du grec pseudês («menteur»), veut dire «faux». «Pseudo-scientifique», qu'on peut traduire par «prétendument scientifique», confère par conséquent un caractère péjoratif au terme. Le terme «pseudo-science» veut dire qu'une connaissance ou une démarche non scientifique a la prétention d'être scientifique ou affiche une attitude qui donne l'illusion de l'approche scientifique[3], [4]. «Non scientifique», de son côté, veut dire simplement qu'une théorie, une croyance ou une connaissance ne relève pas du domaine de la science, et n'a pas la prétention d'en relever. C'est à dire, pseudo-science caractérise une démarche contestable faisant croire à l'utilisation de la méthode scientifique dans un but éventuel de s'approprier l'aura de la science. La médiumnité, par exemple, ne prétend pas relever d'une démarche ou d'un savoir scientifique, quoiqu'elle prétende cependant à la réalité des phénomènes qu'elle allègue. A contrario, l'homéopathie se présente comme une science, à la fois par ses principes énoncés comme des lois de la nature et par la mise en œuvre régulière d'études cliniques visant à démontrer que les médicaments homéopathiques ont des effets supérieurs à ceux de placebos.

Le terme neutre est : parascience, comme le rappelle un "sociologue des sciences, spécialiste de l'étude des controverses sur les'parasciences', Pierre Lagrange".

"De nouvelles'disciplines'vont progressivement apparaître dans le sillage des sciences : la cryptozoologie [1955, Bernard Heuvelmans], la parapsychologie [1934, Joseph B. Rhine] ou l'ufologie [1950], la transcommunication [1992, Adolf Homes] ou l'homéopathie [1810, Samuel Hahnemann] venant à chaque fois compléter une avancée de la science officielle par sa contrepartie parascientifique... L'archéoastronomie [1963, Gerald Hawkins ] étudie la signification astronomique des monuments antiques, surtout mégalithiques... La revue Kadath est la première revue d'archéologie parallèle [1973]... La psychologie transpersonnelle [1969, Abraham Maslow] (prend) en compte les phénomènes de synchronicité, l'étude des états modifiés de conscience, celle des expériences mystiques... Parasciences : expression apparue au début du XX° siècle mais popularisée en particulier après la guerre pour remplacer les expressions de'sciences occultes'ou de'fausses sciences'. On parle aussi de'pseudosciences'... Dans le modèle qui se dégage aujourd'hui des débats sur les sciences et les techniques (... ), les parasciences ne sont plus des aberrations mais des forums dans lesquels se négocient des notions comme celles de preuves scientifiques ou d'expertise"[5]

Histoire

C'est au XIXe siècle -- sous l'influence du positivisme d'Auguste Comte, du scientisme et du matérialisme -- que fut exclu du domaine de la science tout ce qui n'est pas vérifiable par la méthode expérimentale.

L'expression «pseudo-science» est ancienne. En 1864 déjà, James Reddie s'interroge en ces termes sur l'avenir de la toute jeune anthropologie : «Tandis que nous tentions d'organiser les faits - ceux que nous possédions déjà ou ceux que nous espérions découvrir - sur la base de fausses hypothèses, nous ne réussissions qu'à construire une "pseudo-science" élaborée qui pouvait effectivement avoir les apparences de la vérité mais n'avait aucune solidité. »[6]

En France, ce terme est inauguré par le titre de la revue de l'AFIS[7] Science et pseudo-sciences en 1985. Il existe des dérivés dont le terme de «pseudo-médecine», employé par Jean Brissonet en 2004 dans l'ouvrage [8]Les pseudo-médecines : un serment d'hypocrites.

Critiques de la notion de pseudo-science

Paul Feyerabend[9], philosophe des sciences rédigé dans l'introduction du chapitre 18 de Contre la méthode, que «la Science [est] la plus agressive et la plus dogmatique des institutions religieuses». [10]

A l'inverse, l'astronome et vulgarisateur Carl Sagan fait une description de la science qui contient une critique implicite des pseudo-sciences : la science, «sa seule vérité sacrée est qu'il n'y a pas de vérité sacrée. L'ensemble des affirmations doivent être examinées avec un esprit critique. Les arguments d'autorité sont sans valeur. Tout ce qui ne correspond pas aux faits doit être rejeté ou révisé. La science n'est pas idéale. Elle est fréquemment mal utilisée. C'est uniquement un outil, mais c'est le meilleur outil que nous ayons». [11]

Critères externes

Le critère sociologique est : La discipline n'est pas enseignée dans le monde académique.

Selon ce critère, si la discipline n'est pas enseignée à l'université et n'a pas de publications à comité de lecture, alors c'est une pseudo-science[réf.  souhaitée]. Ce critère pourrait en principe être utilisé par ceux qui considèrent qu'il n'est pas envisageable de trouver de critères objectifs sur le discours de la discipline. Cependant, c'est un critère rarement utilisé actuellement, en tout cas pas par les auteurs qui se sont penchés sur le phénomène et ont tenté d'en dégager des définitions, comme Robert Park[12], Martin Gardner, [13] Richard Dawkins, Carl Sagan ou Alan Sokal.

C'est un critère qui est parfois utilisé comme justification par les défenseurs de certaines pseudo-sciences, qui feront remarquer que l'astrologie, du temps où elle était enseignée à l'université, au Moyen âge, n'aurait pas été reconnue comme une pseudo-science. Mais ce critère n'est quasiment plus utilisé actuellement, d'autant moins que de nombreuses disciplines émergentes ont été indéniablement scientifiques (la génomique et la protéomique, tout il y a peu de temps) avant d'être enseignées à l'université.

Critères internes

L'absence de vérification empirique des hypothèses proposées

Pour être appelée science, il faut qu'une discipline propose des moyens de vérifier empiriquement les hypothèses qu'elle avance. De nombreux scientifiques reprochent par exemple à la psychanalyse d'avancer des hypothèses qui ne sont pas vérifiables empiriquement, ce qui rapprocherait davantage la psychanalyse de l'anthropologie philosophique que d'une véritable science. C'est qu'un but essentiel de la science est d'apporter une description du monde en se servant de concepts définis avec précision, qui interviennent dans des théories dont on peut vérifier la validité ou la non-validité par des expériences.

Or, s'il s'agit de concepts pour lesquels il n'existe pas (ou pas encore) de définition précise et qu'on ne peut ni soumettre à l'expérimentation, ni à l'observation, ces études sortent du cadre scientifique. Cela ne veut pas obligatoirement dire que ces études sont sans valeur en philosophie, en métaphysique, en théologie, etc. En réalité, les hommes et femmes de science ne parlent de pseudo-science que si ces spéculations empruntent et déforment des termes scientifiques pour tenter de se donner un substratum scientifique, le plus souvent auprès du grand public. Autrement, ils parlent plutôt de savoirs non scientifiques (par exemple, les médecines parallèles) ou de sciences occultes.

Impossibilité de réfuter les hypothèses soumises

Le philosophe Karl Popper, constatant qu'il est envisageable de trouver des observations pour confirmer environ n'importe quelle théorie, propose une méthodologie fondée sur la réfutabilité : pour être admise comme scientifique, une théorie doit être réfutable. Exemple : l'eau dans laquelle a été dissous un anticorps en conserve les propriétés tandis qu'il n'y a plus de possibilité statistique que l'anticorps en question soit toujours présent. C'est une hypothèse scientifique. En effet, il suffit de mettre l'eau ainsi traitée en contact avec des globules blancs pour voir si ces derniers vont réagir ou non. S'ils ne réagissent pas, c'est que l'hypothèse est fausse (voir mémoire de l'eau). Exemple d'hypothèse fréquemment qualifiée de pseudo-scientifique : la force psi, qui a la caractéristique de ne pas se manifester quand on tente de l'étudier en laboratoire, est responsable des phénomènes de télékinésie. Cette hypothèse est impossible à réfuter car si aucune expérience ne met cette force en évidence, cela ne vient pas en contradiction avec l'hypothèse de départ. Donc, peu importe le résultat, l'hypothèse ne peut pas être infirmée.

Erreurs méthodologiques et manipulations statistiques des résultats

Exemple : une compagnie pharmaceutique affirme que son nouveau produit est efficace dans 25 % des cas. Par contre, elle omet de rappeler qu'un placebo produit un progrès des symptômes dans la même proportion.

Conclusions hâtives, ou fausses conclusions, comparé aux résultats

Exemple : un voyant obtient un taux de succès, pour ses prédictions, de 75 %. Par contre, uniquement quatre prédictions ont fait l'objet de l'étude. Les résultats, fondés sur un échantillon peu significatif, peuvent être le résultat du hasard. Autre exemple : au cours de la nuit, des gens sont réveillés par un phénomène lumineux parcourant les fils électriques près de la maison. Le lendemain, ils constatent la présence de trois cercles où la neige était absente dans leur champ. Ils concluent que les cercles ont été causés par le phénomène lumineux aperçu sur les fils. En réalité, après enquête, les cercles dans les champs ont été constatés par d'autres témoins quelques jours avant le phénomène lumineux. L'absence de preuve attestant d'un lien de cause à effet est fréquemment à l'origine de conclusions illégitimes. Dans les revues médicales par exemple, il n'est pas rare de lire des articles faisant appel à ce type de raccourci : en observant que la proportion de femmes atteintes d'un cancer du sein est plus faible chez celles pratiquant quotidiennement un sport que chez les autres, on en conclut à tort que la pratique régulière d'un sport diminue le risque de développement d'un cancer du sein.

Utilisation de sophismes pour appuyer une conclusion

(Voir l'article sophisme pour plus de détails). A titre d'exemple, en ufologie, le raisonnement fallacieux du renverser la charge de la preuve (sophisme) est fréquemment utilisé par les défenseurs de l'hypothèse extraterrestre : ils demandent aux sceptiques de prouver que le phénomène ovni n'est pas d'origine extraterrestre.

Remise en cause abusive d'acquis scientifiques

La science actuelle est si vaste que chaque chercheur ne peut faire progresser qu'un domaine particulièrement réduit. En conséquence, le fait de supposer qu'une découverte isolée puisse à elle seule génèrer une théorie simple mais qui à elle seule se substituerait aux modèles établis dans la plupart de disciplines, et ce en opposition avec l'ensemble des spécialistes de ces domaines, sert à qualifier un chercheur de crank[14] (terme péjoratif anglais complexe à traduire, utilisé pour ce genre de pseudo-scientifiques).

Stratégies pour paraître scientifique

Plusieurs stratégies existent pour paraitre scientifique. L'utilisation du suffixe -logie sert à se hausser au rang de la biologie, la pharmacologie, la géologie, etc., elle est utilisé par des domaines comme la graphologie, la réflexologie, la futurologie, etc. Le détournement de titres universitaires comme «docteur» ou «professeur» est aussi habituel. Germaine Hanselmann, plus connue sous le nom d'Élizabeth Teissier, a obtenu avec la note minimale un doctorat de sociologie pour son travail particulièrement controversé sur L'épistémologie de l'astrologie à travers l'ambivalence fascination/rejet dans les sociétés modernes ; ceci a créé une polémique, la docteur étant accusée d'avoir publié sa thèse afin d'appuyer, auprès du grand public, le caractère scientifique de l'astrologie.

La création de centres aux noms explicites et impressionnants (Institut de Recherche sur ... , Centre de Recherche, etc. ) ne prouve en rien le caractère scientifique des activités qui s'y déroulent. La création d'une association sous le nom de Centre européen de recherche scientifique et d'observation sur ... n'est soumise ä aucun contrôle. Dans le même ordre d'idées, l'emploi d'un discours emphatique et d'un vocabulaire scientifique est une pratique pour impressionner le lecteur et masquer l'absence de sens d'un texte. Alan Sokal et Jean Bricmont dressent une liste d'auteurs qu'ils accusent de ce procédé dans leur livre Impostures intellectuelles. Parmi les mots fréquemment utilisés, issus du domaine scientifique, avec un sens détourné, citons le fluide, l'énergie, la force, le cristal, la pyramide, l'onde, l'éther, la résonance, le champ, le champ de forme surtout.

Tout dépôt de brevet est automatiquement publié pourvu qu'il réponde aux critères de nouveauté, d'inventivité et soit susceptible d'une application industrielle, sans garantie que le dispositif breveté fonctionne. De même, la référence à des normes donne aussi lieu à des abus ; la norme mondiale CEI 61000 veut dire que l'objet ne perturbe pas les appareils électromagnétiques (une boîte vide est par exemple conforme à cette norme).

Tactiques pour discréditer la critique scientifique

Le pseudoscientifique contredisant des théories reconnues cherchera à discréditer les scientifiques établis en ayant recours à l'argument d'autorité : ils citent par exemple des phrases de Richard Feynman ou Albert Einstein sorties de leur contexte[15]. Ils accusent de dogmatisme les opposants scientifiques. Ils leur reprochent de ne jamais modifier leurs théories. Ils se comparent à un Galilée, persécuté par les autorités de son temps, ou Einstein incompris de ses contemporains (confortant d'ailleurs le mythe d'Einstein seul contre tous, assez faux si on se concentre sur les physiciens renommés de l'époque).

Accumuler les arguments ad hominem peut sembler efficace : les pseudo-scientifiques niant la relativité restreinte par exemple sapent l'autorité d'Einstein en faisant de lui un simple plagiaire des travaux de Henri Poincaré et d'Hendrik Antoon Lorentz, inprécisément oubliés par le grand public actuellement[16]. Certains rassemblent même une vaste collection des erreurs des scientifiques prestigieux pour contester la science établie[17]. Si une théorie établie gène le pseudoscientifique, il ira remettre à plat le sujet sous prétexte que les modèles connus ne sont que des hypothèses, retournant la critique qui lui est faite «votre science n'en est pas une et les bases de votre raisonnement sont infondées». Lorsque un appareil semble fonctionner en violation des lois connues de la physique, la démarche scientifique exige de ne remettre ces lois en cause qu'après avoir exclu tout risque d'erreur, et aussi après avoir cherché une explication non-évidente dans le cadre des théories établies[18].

Michel de Pracontal ironisa à ce sujet en soulignant que Jacques Benveniste, qui comparait lui-même les persécutions dont il était l'objet à celles de Galilée, d'une part n'avait subi aucune sanction pour ses travaux (Galilée ayant été assigné à résidence à vie), d'autre part n'avait subi une critique importante que parce qu'il avait lui-même orchestré une campagne médiatique en faveur de son expérience. De plus, répondre de manière critique à une publication ne peut être reconnu comme une atteinte à la liberté d'expression de celui qui publie[19] Une autre critique contre la référence à Galilée est le fait que ceux qui ont exercé des pressions contre lui étaient en particulier des non-scientifiques, et par conséquent une personne s'opposant à une part importante des spécialistes d'un sujet ressemble en réalité plus aux détracteurs non-scientifiques de Galilée, par sa manière de s'opposer aux spécialistes[20].

Pracontal note que les arguments des pseudoscientifiques exploitent trois idées répandues : celle qu'en science «tout est envisageable» (profiter du fait que peu de personnes savent distinguer un résultat contraire à l'idée répandue mais envisageable scientifiquement d'une absurdité scientifique)  ; celle que la science peut évoluer par révolution à partir d'une seule découverte (l'histoire des sciences montre que cette idée est à nuancer fortement)  ; et celle que les génies son constamment méconnus et persécutés (les cas réels étant assez rares) [19].

Dispositif de régulation de la science

La science n'est pas tant une accumulation de savoir qu'un dispositif de régulation : c'est un dispositif auto-correctif, considérant à la base que tout énoncé est potentiellement erroné et doit être débattu, et qu'un savoir est périssable. Une «théorie admise» n'est jamais qu'un consensus qui peut évoluer. Gaston Bachelard disait : «La vérité est une erreur rectifiée».

Quand une personne observe des faits «nouveaux» et propose une nouvelle théorie, elle initie un débat (par l'intermédiaire de publications, de conférences, etc. ) et elle tente d'apporter l'ensemble des arguments favorables à la nouvelle thèse. Les personnes défendant l'ancienne théorie, ou une théorie concurrente, apporteront les arguments opposés.

Les comités de lecture

Article détaillé : Comité de lecture.

Les publications scientifiques s'appuient sur un dispositif de comité de lecture (referee), qui se charge de s'assurer de la rigueur des articles : le comité vérifient que les articles font bien référence à des publications antérieures, qu'ils s'appuient sur des données expérimentales dont la réalisation est décrite afin qu'elles puissent être reproduites. Ces comités de rédaction proposent des modifications aux articles : leurs membres voient passer de nombreux articles sur les sujets traités et aident par conséquent à la coordination entre les articles. Ils refusent les articles qui ne répondent pas aux critères de rigueur.

Ce dispositif est quelquefois critiqué. Surtout, les membres des comités font eux-mêmes partie de laboratoires publiant sur les sujets, et sont par conséquent juges et parties. Ainsi, certains scientifiques préfèrent publier en premier lieu sans comité de lecture[21] avant de soumettre l'article à un comité : la signature de l'article engageant l'auteur, ces scientifiques estiment qu'il en supportera lui-même les conséquences en cas de résultat erroné.

Dans les disciplines qualifiées de pseudo-sciences, le dispositif de validation est nettement moins structuré, ou alors absolument pas.

Paradigme et Modèle

Dans le monde scientifique, un modèle servant de représentation provisoire du monde doit être testé sur l'autel de la réalité. Dans cette optique, un scientifique vérifie si son explication est ou non pertinente.

La notion de paradigme (une «représentation du monde») est particulièrement utilisée dans les disciplines qualifiées de «pseudo-sciences». L'accusation portée est que cela sert à ne jamais vérifier la pertinence des explications, restant dans le domaine de la croyance. Dans cette optique, l'hypothèse de base de la théorie n'étant par conséquent jamais remise en cause, il n'y a pas d'alternative envisageable à celle-ci.

Controverses

Si certaines activités humaines correspondent effectivement à la définition «standard» des pseudo-sciences telle qu'elle est énoncée plus haut, d'autres domaines par contre sont quelquefois regroupés à tort sous cette étiquette. Pour être qualifiée de pseudo-science, un champ de connaissances (ou en l'occurrence de pseudo-connaissances) doit par conséquent se faire passer pour scientifique tandis que, dans les faits, il ne respecte pas certains critères de la démarche scientifique.

Parmi les pseudo-sciences les plus fréquemment admises on retrouve donc :

  • Le dessein intelligent, comme doctrine décrivant les espèces vivantes comme non pas issues de l'évolution biologique mais génèrées par une intervention supernaturelle ;
  • L'astrologie qui prétend établir un lien entre la position des objets célestes et la personnalité individuelle des êtres humains
  • L'orgonomique (Orgonomic research). Cette discipline fondée par le psychanalyste Wilhem Reich, prétend mettre en évidence, étudier et recueillir le fluide vital universel, appelé orgone, qui confirmerait les doctrines vitalistes et permettrait de soigner l'impuissance sexuelle et le cancer ;
  • La graphologie : Cette discipline s'efforce empiriquement d'établir une classification des écritures et d'en systématiser les indices pour mettre en évidence la personnalité d'un individu. Ses défenseurs se réclament de la psychologie mais aucune expérience scientifique n'a établi de corrélation statistique entre le style d'écriture et la personnalité, d'autant plus que les anciennes typologies de personnalités auxquelles elle se réfère ne sont plus admises par la psychologie universitaire;
  • Certaines psychothérapies ont été aussi critiquées comme pseudoscientifiques [22] mais, compte tenu de les controverses qu'il existe sur la méthodologie même de l'évaluation en psychologie clinique, cette critique reste sujette à débat.
  • l'ufologie qui s'intéresse au phénomène ovni
  • l'homéopathie
  • la naturopathie, dont certains domaines sont cependant acceptés par certains médecins, avec des réserves, surtout celles qui se rapprochent le plus de la phytothérapie (soins par les plantes en tisanes, ... )
  • les sciences occultes.

Certains partisans du paranormal veulent qu'on distingue les pseudo-sciences des investigations suivantes :

Ces approches paranormales cherchent à adopter une démarche rigoureuse aussi proche que envisageable de la science. Mais elles ne sont pas à l'abri d'approches plus farfelues, d'autant plus que par leur imbrication dans des dispositifs de croyances et leur attrait sur l'imagination collective, elles attirent la plupart de passionnés, scientifiques ou non. Ainsi l'ufologie est un domaine où un courant scientifique dit ufologie sceptique cœxiste avec des approches pseudo-scientifiques.

L'exobiologie est quelquefois reconnue comme une pseudo-science. Mais elle repose sur une démarche scientifique, et sa particularité est d'admettre la possibilité que son champ d'étude puisse ne pas exister : elle est pour le moment une "science sans sujet". [23]

Il existe aussi une difficulté à définir des théories controversées qui sont alimentées par des pratiques ne respectant pas complètement la démarche scientifique. Aux yeux de leurs partisans, c'est le cas de la théorie de la fusion froide. Ces controverses ont fréquemment pour origine une expérimentation qui semblait a priori convaincante, mais que nul n'est arrivé à reproduire de façon convaincante (la mémoire de l'eau n'entre pas dans cette catégorie). Au débat scientifique se superposent fréquemment des éléments extra-scientifiques qui ne contribuent pas à éclaircir la question (appât du gain, raisons politiques, prestige d'une personne ou d'une institution en jeu, théorie du complot, etc. ). [24]

Ces débats peuvent quelquefois concerner un domaine de recherche tout entier comme les sciences de l'éducation. Parce que l'expérimentation et les mesures objectives en ce domaine sont complexes et par manque d'outils théoriques, les sciences de l'éducation sont sévèrement attaquées, surtout parce qu'elles bénéficient d'une reconnaissance universitaire que leurs détracteurs jugent indue ou alors néfaste[25]). Certains[Qui ?] prétendent que ce type d'attaque est réservé à des sciences nouvelles qui investissent un domaine toujours peu exploré, et que l'accusation s'éteindra par conséquent avec les progrès, mais cet argument ne semble pas universel lorsque on considère les deux siècles de l'homéopathie ou les milliers d'années de l'astrologie.

Sur Karl Popper

Le critère de réfutabilité de Karl Popper a quelquefois servi à déclarer certains champs de recherche comme non scientifiques (le darwinisme, l'historicisme, le marxisme ou la psychanalyse). En réalité, Popper lui-même a admis que c'était une interprétation incorrecte de son critère de réfutabilité, tout au moins concernant le darwinisme qu'il acceptait comme une théorie scientifique valable. Ce n'était pas le cas, par contre, du marxisme ou de la psychanalyse[26]. S'agissant du darwinisme ou des sciences historiques, il s'agit par conséquent non pas de pseudo-sciences mais de programmes de recherche scientifiques (ou paradigmes) qui partagent les méthodes et le critère de rationalité de la science mais qui ne sont pas aussi directement réfutables qu'une théorie individuelle. Ils sont soutenus par un ensemble de faits cohérents et ont un fort pouvoir explicatif.

Défis

Plusieurs organisations ont mis en place des défis assortis de récompenses impressionnantes à qui démontrera la réalité d'un phénomène paranormal. Les affirmations sont testées par des scientifiques et peut-être des prestidigitateurs, après qu'un protocole de test eut été agréé par les deux parties. Les organisateurs entendent le plus souvent, par un tel défi, mettre en évidence la non-réalité de tels phénomènes. Aucun de ces prix n'a été attribué, parce que personne n'a réussi à passer les tests (ou les tests préliminaires, pour les défis qui en proposent) avec succès.

Un défi francophone, le Défi zététique mondial, est resté ouvert de 1987 à 2002.

Le Million Dollar Challenge de James Randi est , quant à lui, toujours d'actualité.

Pseudo-sciences parodiques

Certains, pour discréditer les pseudo-sciences, utilisent le raisonnement par l'absurde. La jumbologie consiste à noter la position de l'ensemble des avions dans le ciel au moment de l'apparition d'un individu pour créer un «thème jumbologique». La netologie consiste à étudier la configuration de l'ensemble des écrans Internet disponibles au moment de la conception d'un enfant. La pataphysique, surtout dans les communications de Boris Vian, consiste à déplacer le mode d'exposition et de démonstration d'une science ou d'une partie des mathématiques - réduite à une rhétorique - vers des objets qui échappent à sa pertinence.

Bibliographie

Liens externes

Notes et références

  1. Rudolf Carnap, Le dépassement de la métaphysique par l'analyse logique du langage (1930), in A. Soulez, Manifeste du Cercle de Vienne et autres rédigés, PUF, 1985, p. 172.
  2. http ://www. cnrtl. fr/definition/pseudo-
  3. http ://www. cnrtl. fr/definition/pseudo-science
  4. http ://francois. gannaz. free. fr/Littre/xmlittre. php?requete=p7173
  5. Claudie Voisenat et Pierre Lagrange, L'ésotérisme contemporain et ses lecteurs. Entre savoirs, croyances et fictions, Bibliothèque Centre Pompidou, 2005, p. 33, 358, 383, 400, 396-398.
  6. James Reddie, On Anthropological Desiderata, Considered with Reference to the Various Theories of Man's Origin and Existing Condition, Savage and Civilised, Journal of the Anthropological Society of London, vol. 2 (1864), pp. cxv-cxxxv, p. cxvi
  7. Association française pour l'information scientifique
  8. version électronique gratuite
  9. Paul Feyerabend a reconnu avoir une vision anarchiste de la science (dans le sens que l'imprévu est essentielle en science et non politique)
  10. Paul Feyerabend, Contre la méthode, esquisse d'une théorie anarchiste de la connaissance, Editions du Seuil, 1979, p. 332
  11. Carl Sagan, Cosmos, Random House, 1980 (rééd. 2002), 384 pages.
  12. Robert Park, Voodoo Science. The Road from Foolishness to Fraud. Oxford, Oxford University Press, 2000, 230 pages
  13. Martin Gardner, Did Adam and Eve Have Navels? Debunking Pseudoscience. New York et Londres, WW Norton & Company, 2000, 333 p.
  14. A tale of eternal energy
  15. Ancien site Jeanfranraymon. rey : Si on parlait de vraie physique ?
  16. [Ancien site Jeanfranraymon. rey :---Un article récent intitulé "Poincaré et la relativité"]
  17. Le mouvement perpétuel de Aldo Costa
  18. Cas d'une tentative de mouvement perpétuel ; Science & Vie Junior constata que la machine ne fonctionne pas, même si Aldo Costa se faisait fort devant eux de résoudre les arrêts selon lui accidentels
  19. ab Michel de Pracontal, L'Imposture scientifique en dix leçons
  20. Are you a quack?
  21. par exemple sur l'arXiv
  22. (en) Our Raison d'Être, Lilienfeld, S. O., The Scientific Review of Mental Health Practice, 2002.
  23. Robert Lamontagne, "Autres échos de Porto Rico", Science! on blogue, 17 septembre 2007.
  24. Agence Science-Presse, "La fusion froide, épisode 357", 7 décembre 1998.
  25. Sur les pseudo-sciences de l'Éducation, Pierre Dazord, Cahiers rationalistes, n° 571 juillet-août 2004
  26. "Natural Selection and the Emergence of Mind", K. Popper, Dialectica, vol. 32, no. 3-4, 1978, pp. 339-355
  27. présentation de l'ouvrage, interview de Broch
  28. présentation de l'ouvrage

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