Religion

Le terme religion sert à désigner un ensemble de rites, croyances le plus souvent théistes, règles, récits, symboles ou dogmes adoptés comme conviction par une société, un groupe ou une personne.



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Le terme religion sert à désigner un ensemble de rites, croyances le plus souvent théistes, règles (éthiques ou pratiques), récits, symboles ou dogmes adoptés comme conviction par une société, un groupe ou une personne[1].

Selon le contexte, le terme est aussi utilisé pour désigner la totalité des croyants, l'éventuelle institution en découlant ou finalement «la religion» comme vue d'ensemble des différentes religions.

La religion est le plus fréquemment en rapport avec une notion de divinité ou de réalité transcendante. Dans le cas opposé, le terme de religion athée est employé[2].

La religion occupe une place importante dans la culture des sociétés humaines. Les relations réciproques entre religions et composantes de la société sont fréquemment complexes, ou alors inextricables.

Par extension, certaines pratiques générant des cultes, des adorations et des dogmes, prennent une valeur de religion et entraînent l'usage d'un vocabulaire religieux, par exemple «le temple du football», le culte de l'Être suprême. On parle alors de «religion de remplacement» ou de «sécularisme[3]».


Problèmes de définitions

Dans la diversité des recherches en sciences humaines, la religion recouvre plusieurs définitions. Ainsi, comme le remarque Jonathan Z. Smith, le mot religion «est un terme créé par les chercheurs pour leur propre besoin ; en conséquence c'est à eux que revient la tâche de le définir. C'est un concept générique, de second degré, qui joue le même rôle dans la mise-en-place de l'horizon disciplinaire de l'étude de la religion que les concepts de «langage» et «culture» en linguistique et en anthropologie. Sans un tel horizon, il n'y a pas de discipline de l'étude de la religion[4]

L'un des principaux obstacles à la définition est de savoir s'il faut y inclure la notion de divinité. Le second est de savoir s'il faut prendre en compte des pratiques que des peuples ne considère pas comme “religieuses”. Enfin, troisième obstacle, la prise en charge ou non de la nature du sacré à laquelle se sont rattachées de nombreuses approches.

En anthropologie culturelle, une religion est une approche organisée de la spiritualité humaine qui a recours habituellement à une série d'explications mythologiques, de symboles, de croyances et de rituels, dans une dimension fréquemment surnaturelle ou transcendante, qui procure ainsi un sens aux expériences ainsi qu'à l'existence du pratiquant, lui prodiguant une assurance de Vérité[5]. On retrouve cet élément de définition culturelle chez les philosophes de la religion, ainsi chez Paul Tillich[6]. La sociologie a pu donner donner des définitions fonctionnalistes. La psychologie s'est appuyée sur l'expérience émotionnelle du croyant sur son rapport intime avec le sacré[7].

Le concept de religion

Dans les langues anciennes (hébreu, grec et latin) le mot «religion» n'existait pas ou désignait les cultes propres à chaque civilisation. Son sens actuel est différent. La notion de religion serait une «invention» des temps modernes[8]. Si le mot apparaît au XIe siècle, la théorisation du phénomène, son étude et sa définition moderne apparaissent à la Renaissance, avec les grandes découvertes qui amènent les Européens à s'interroger sur la spécificité du christianisme et ses ressemblances aux autres religions[9].

Étymologie

Représentation monumentale du dieu Shiva.

L'étymologie demeure incertaine et controversée depuis l'Antiquité. Une hypothèse lie le terme à la racine *leig et par là au terme latin religio, dont le nuage sémantique est particulièrement riche.

Le terme shûkyô fut dans un premier temps forgé par les Japonais sous l'ère Meiji ; les Chinois l'empruntèrent au tout début du XXe siècle (zōngjiào). Il évoque la transmission (kyô/jiào) d'un savoir, d'une tradition, de rites, de légendes constituant une sorte de catéchisme, au sein d'un groupe (shû/zōng). Le lien généalogique (lignées maîtres-disciples) qu'implique le sens originel de zōng reste important en Chine, où il joue un rôle plus déterminant que la nature exacte de l'idéologie pour le rattachement à une appellation religieuse. Dans le Zen japonais aussi, la généalogie religieuse des maîtres est reconnue comme une référence importante pour évaluer l'authenticité et la qualité d'une école.

On comprend ainsi qu'il s'agit à la fois des croyances et des cultures d'un groupe humain et des pratiques qui en découlent.

L'étymologie montre que la religion relie l'homme à la divinité, ainsi qu'à ses racines originelles, ainsi qu'à la société où il évolue. Ces dimensions (mais aussi le rapport à la mort, implicitement présent dans les cultes des Lares) se retrouvent effectivement à l'origine des religions. Historiquement, dans les sociétés primitives, il n'y a pas de séparation entre le sacré et la société elle-même : la société n'a pas «une religion», c'est la nature même de la société qui est religieuse, la religion est cœxtensive à la société, et l'ensemble des activités de l'homme qui prennent un aspect transcendant[15].

Foi, sens et croyances

L'expérience religieuse s'articule autour de mythes, de rites, de pratiques et repose sur un assentiment que la théologie chrétienne sert à désigner sous le terme de foi. Cette notion, qu'on peut par commodité transposé aux autre formes religieuses, est centrale dans de nombreux cultes.

Conscience de la mort et sentiment religieux

Catrina, un des personnages les plus célèbres du «jour des morts» célébré l'ensemble des ans au Mexique.

Pour les anthropologues, la conscience de la mort est constitutive de l'humanité[16] : le rite funéraire est l'indice qui signale l'émergence d'une certaine forme de culture, mais en particulier celle du sentiment religieux, qui sert à distinguer l'humain des autres anthropoïdes[Note 1].

Explication du monde

Les religions prennent en charge les questions principales, permanentes et récurrentes propres à la condition humaine[17], au sens de la vie, proposant surtout des récits mythologiques ou des espérances face à l'angoisse de la mort ainsi qu'à l'ignorance naturelle relative à l'existence ainsi qu'à l'univers. Ainsi, la majorité des religions proposent des récits de la naissance du monde, de l'apparition et des actions des dieux dans leurs rapports aux hommes. Elles évoquent, en des sens variés, l'au-delà, la vie éternelle, la réincarnation, la résurrection, l'immortalité, l'éternité, la fin du monde. Dans les temps modernes, en Occident, suite à Descartes, Auguste Comte élabora de même une sorte de culte des morts. Certains y voient une fuite du réel, une expression de la peur, de l'ignorance et de la superstition. Elle serait l'expression organisée d'un besoin de sens de l'être humain et son désir de comprendre et d'expliquer ce pour quoi aucune explication ne semble se présenter. On parle plus volontiers d'une quête de sens, plus ou moins rationnelle et en tous cas multiforme[précision nécessaire].

Les premières sépultures elles-mêmes font leur apparition au cours du Moustérien (Paléolithique moyen), il y a à peu près 100 000 ans [18]. Elles sont liées à l'Homme de Néandertal en Europe ainsi qu'aux premiers humains anatomiquement modernes au Proche Orient comme l'indiquent les découvertes récentes de la grotte de Skhul.

Au Paléolithique supérieur, le développement de l'art sous ses formes pariétale et mobilière sert à s'interroger sur la signification des thématiques traitées en termes de croyances[19].

Dans sa tentative d'expliquer l'univers et les phénomènes physiques, l'une des expressions intellectuelles de l'homme a été une expression religieuse. L'homme implique fréquemment une ou plusieurs déités ou d'autres forces surnaturelles. Ce chapitre religieux pose les questions du rapport au monde, surtout à la nature, dans les animismes, où l'ensemble des forces de la nature sont sacralisées. Les religions sont fréquemment imprégnées de diverses croyances, qui peuvent apparaître comme des superstitions, ou des comportements irrationnels pour un esprit extérieur se voulant cartésien.

Icône de détail Article connexe : Cosmologie religieuse.

Doctrines et croyances

Les sept arts libéraux au service de la théologie, sous la direction énergique de Pierre Lombard. Salzbourg, XVe siècle

Les religions transmettent des enseignements et des codes de lois religieuses, censés montrer le juste et l'injuste, le bien et le mal, aux fidèles. Elles les dotent d'une morale, plus ou moins contraignante, censée orienter le croyant et sa communauté vers son bonheur et , donc, l'éloigner de ce qui pourrait causer son malheur. La loi religieuse ne se limite pas au seul domaine du surnaturel, mais peut développer des conséquences dans l'ensemble des domaines de la connaissance, et de société.

Parmi les codes de lois religieuses, on peut citer le droit canonique romain, les dix commandements, etc. Les questions éthiques sur la société ont toujours intéressé les religions. Au XIXe siècle, le catholicisme a élaboré une doctrine sociale, qui a été mise en pratique dans le catholicisme social.

L'environnement est au cœur des interrogations sur la vision du monde et de sa création ou Création[20]. Sur ces questions, le bouddhisme a été en avance dans ses réflexions. Il existe actuellement des réunions sur le thème de l'environnement et du développement durable entre les grandes religions et spiritualités.

Lorsqu'elle s sortent du domaine purement spirituel, les doctrines d'inspiration religieuse sont un objet de critique fréquemment polémique pour les tenants de la liberté de pensée et de la liberté de conscience. La justification spirituelle de ces doctrines est reconnue comme étrangère au domaine traité, qui revendique sa propre autonomie cognitive ; cette origine religieuse est perçue comme un argument d'autorité, obstacle à la liberté individuelle ainsi qu'à l'autonomie de la raison.

Les croyances ne sont pas forcément liées à une religion. Inversement, certains dogmes ou croyances religieuses, comme la réincarnation, peuvent être acceptés isolément sans adhérer au dispositif religieux d'où ils sont empruntés.

Croyances religieuses, sacré et cohésion sociale

La religion structure aussi le rapport à l'autre, humain ou non. Une autre problématique dont traite la religion comme facteur de cohésion sociale est celle du pur et de l'impur, et du rapport à son autre, c'est-à-dire, au non-religieux dont elle trace les contours. On peut penser ce rapport en termes essentialistes, ceux de sacré et de profane, ce que font, en fait, l'ensemble des théologiens qui n'osent plus parler de leurs convictions que par le détour d'un métalangage. Mais on peut aussi aller plus loin, ne pas s'arrêter à l'endroit où la théologie le demande, et aborder la religion comme on le fait pour n'importe quel autre aspect de la vie sociale. Dans cette approche, la religion ne se pense plus comme une option mais comme l'un des procédés non-optionnels, universels, par lesquels une société se perçoit, trouve et prend sa place dans le monde. Selon Durkheim, la religion, c'est la société elle-même en train de s'auto-légitimer et de s'auto-adorer.

Icône de détail Article connexe : Représentation sociale.

L'expérience spirituelle

Enfin, sur un plan subjectif, les religions sont associées à l'expression d'une «expérience spirituelle» (extase mystique, oracle, révélation, éveil) dont on trouve la trace dans la majorité des cultures. Les croyants se fondent sur cette expérience spirituelle pour donner un sens au monde, ou du moins en réfèrent-t-ils au divin pour en saisir le sens («sens» doit s'entendre dans ses deux significations, à la fois comme herméneutique et comme direction). Ce chapitre de la religion pose la question du rapport à Dieu ou aux dieux.

Sacrifice et pensée religieuse

Icône de détail Articles détaillés : Spiritualité et Surnaturel.

Anthropologie et formes mythologiques
Représentation du vol du chaman du monde d'en bas au monde d'en haut, selon les plaques de Perm.
Icône de détail Article détaillé : Religion dans la préhistoire.

Les formes religieuses primitives typiques sont l'animisme, le fétichisme, le chamanisme[21]. Ces formes ne forment pas de religions spécifiques, on en trouve tout autant qu'il y a de sociétés qui s'y rattachent. Quoique documentées pour la période historique, il n'est pas envisageable d'assigner une origine historique précise à ces formes de croyance.

Les grands corpus mythologiques remontent pour la majorité à la période de transition entre préhistoire et période historique, la protohistoire. On peut citer comme exemples de mythologies celles de Sumer, de Babylone, les dieux égyptiens, ou alors la mythologie grecque.

Ces formes perdurent dans les religions ou spiritualité de différentes zones de la planète : chamanisme d'Eurasie (Nord sibérien), religions d'Afrique, d'Amazonie, d'Océanie, d'Amérique, etc. On peut aussi citer d'autres religions désormais presque disparues, le d'une façon plus générale polythéistes, désormais classées en mythologie ou religions antiques, originaires essentiellement d'Eurasie, d'Afrique, ou d'Amérique.

On peut penser que les cultes anciens de notre ère prennent leurs racines dans ces cultes préhistoriques et ces mythologies.

Icône de détail Articles détaillés : Mythologie, Chamanisme et Magie (surnaturel) .

Textes religieux

Rouleaux de la Torah (exemplaire autrichien des années 1830).

Les diverses traditions religieuses entretiennent des rapports anciens, complexes et différenciés avec l'écrit. Ainsi, les trois grands monothéismes orientaux ont pu être décrites selon l'expression controversée de «religions du Livre»[22]. L'invention de l'écriture ouvre à la fois la période historique et marque la naissance des premiers grands textes religieux, reconnus comme sacrés par les traditions religieuses. Les traces épigraphiques les plus anciennes sont les inscriptions des pyramides de Saqqara vers 2400 -2300 avant notre ère.

Icône de détail Articles détaillés : Monothéisme, Texte sacré et Religion révélée.

Enseignement magistral

Bouddha Amitabha représenté en position d'enseignement (Vitarka-mudrâ).
Icône de détail Articles détaillés : Prophète, Sagesse et Métaphysique.

À partir du premier millénaire avant notre ère, les nouvelles formes de religion se rattachent à l'enseignement d'un maître. On voit naitre successivement : le jaïnisme, retracé jusqu'au Tîrthankara historique aux alentours des VIIe siècle, VIIIe siècle av. J. -C., le zoroastrisme, dérivé de l'enseignement de Zoroastre vers 650 av. J. -C., le taoïsme, professé par Lao Zi vers 600 av. J. -C., le bouddhisme, héritage de Bouddha vers 560 av. J. -C., le confucianisme dérive de l'héritage de Confucius qui enseigne vers 550 av. J. -C., le christianisme est issu du message de Jésus de Nazareth, l'islam est professé par Mahomet entre 609 et 632, le sikhisme est créé par Nanak Ji vers 1500…

Ces formes de religion ont en commun d'apporter une explication à nos grandes questions philosophiques. Elles n'en ont cependant pas l'exclusivité, et ces questions ont été abordées par l'ensemble des grands dispositifs philosophiques qui émergèrent dans le premier millénaire avant notre ère. Dans l'Antiquité gréco-romaine, les philosophes abordent les mêmes questions sur un plan purement métaphysique, en les détachant de la pratique religieuse.

En Asie, le bouddhisme, le confucianisme, le shintoïsme etc., forment plutôt une philosophie comme mode de vie, une spiritualité ou une forme de religion polythéiste.

École, confessions, religions

Johann von Armssheim (1483), disputatio entre docteurs chrétiens et juifs.

Les ruptures religieuses des deux derniers millénaires tendent à se rattacher à des ruptures entre écoles, plus qu'à l'enseignement original d'un maître. Une appréhension nouvelle d'un corpus existant donnera lieu à la création d'une école si celle-ci n'aboutit pas à un schisme, d'une confession s'il y a schisme, et tendra à être qualifiée de nouvelle religion si le nouveau corpus se veut syncrétique, par exemple. Le discours théologique sur lesquelles elles se fondent n'est fréquemment qu'une affaire de spécialistes. Les disputes se traduisent fréquemment par des oppositions politiques, et l'orthodoxie peut quelquefois être imposée par un appareil législatif et une répression pénale.

Toute religion qui possède la plupart de croyants, qui connaît une certaine expansion géographique ou qui subsiste depuis longtemps connaît des diversifications qui donnent naissance à de nouvelles manières d'appréhender le corpus existant. Ces nouvelles appréhensions peuvent accoucher de courants qui continuent d'appartenir à la même institution (on peut prendre pour exemple les différentes sensibilités co-existant dans l'église catholique, qui vont de la théologie de la libération à l'Opus Dei) ou créent une nouvelle confession qui, tout en se réclamant des mêmes textes sacrés, en tirent d'autres conséquences (on peut penser au bouddhisme : celui du grand véhicule, celui du petit véhicule et le bouddhisme zen, on peut aussi penser au catholicisme, à l'orthodoxie et au protestantisme pour le christianisme).

Chaque religion peut comporter en son sein plusieurs sous-groupes ou courants. Certains peuvent se voir comme orthodoxes, définissant les autres comme hétérodoxes, ou alors hérétiques. Quand un groupe se dissocie profondément de la totalité, on parle de schisme. Pour désigner les différents groupes, on utilise quelquefois le terme appellation (anglicisme) ou, pour les différents sous-groupes chrétiens, Église. Secte, employé dans un contexte historique, peut aussi désigner un courant, mais dans la France du XXIe siècle, il a un sens plus spécifique de groupe restreint aux caractéristiques particulièrement marquées, et présente fréquemment une connotation négative. Lorsqu'il y a mélange d'influences, on parle de syncrétisme.

Pour les ruptures à l'origine de religions modernes, on peut citer par exemple :

On pourrait citer aussi les nombreuses «hérésies», comme le gnosticisme, le nestorianisme, le monophysisme, le pélagianisme, qui sont tout autant d'exemples du même phénomène.

Icône de détail Articles détaillés : Théologie, Dogme et Hérésie.

Les cultes de création plus récente

Adorateurs du dieu indien Krishna, à Vienne.

Le monde religieux contemporain est marqué d'une part par un processus de sécularisation, ou alors un «désenchantement du monde[23]», et d'autre par un «retour [24]» ou un «réveil du religieux», une «revanche de Dieu[25]», par la création de nouveaux cultes et religions, mais également par la naissance de «religion de remplacement». Ces nouvelles formes se définissent fréquemment par la volonté de se distinguer (voire de se séparer) d'une société qu'elles critiquent, pour adopter un style de vie spécifique et orienté vers un but spirituel. On peut citer dans cette large catégorie :

XVIIe siècle

XIXe siècle

XXe siècle

Icône de détail Articles détaillés : Secte et Nouvel âge.

Classement théologique, philosophique ou anthropologique

On peut classer les religions selon le nombre de leurs dieux, les relations qu'ils entretiennent entre eux, avec l'univers et les fidèles, ou la présence de certains concepts ou pratiques en leur sein :

Les religions monothéistes ne reconnaissent qu'un seul Dieu : christianisme, islam, judaïsme en sont les exemples les plus typiques. Ces trois religions sont nommées abrahamiques, car elles reconnaissent l'ensemble des trois la figure d'Abraham comme premier patriarche.

Les religions polythéistes reconnaissent plusieurs dieux, différemment liés. La totalité polythéiste peut être subdivisé en différents types : hénothéisme, monolâtrie par exemple.

Le panthéisme est une philosophie selon laquelle tout est Dieu.

Les religions révélées sont des religions qui affirment détenir leur connaissance de source divine, soit par des apparitions (théophanies), soit par l'inspiration à des prophètes de textes reconnus comme d'origine divine. Les religions abrahamiques en sont un exemple.

Les religions peuvent être fondées sur une orthodoxie (christianisme) ou une orthopraxie (judaïsme, hindouisme).

La présence de certaines croyances ou pratiques (animisme, chamanisme etc.. ) peut aussi caractériser les religions et permettre un regroupement. La distinction entre religions sacrificielles ou non sacrificielles est spécifiquement importante en anthropologie.

Classement historique et géographique

Carte du monde indiquant la religion dominante dans chaque pays. Source : Atlas Wikimédia des religions
Chronologie de quelques religions.

On peut distinguer parfois les religions éteintes, les religions actives et les nouveaux nouveaux mouvements religieux. Les premières, aussi nommées religions antiques, reparaissent quelquefois dans la dernière catégorie quand elles font l'objet d'une tentative de résurrection (néo-druidisme, néo-paganisme).

Icône de détail Article connexe : Réveil religieux.

On peut aussi regrouper les religions par aires géographiques, qui sont fréquemment aussi des aires culturelles. La proximité géographique va fréquemment de pair avec des emprunts et influences mutuelles, ou alors une communauté de sources. Dans le monde indien, on remarque que l'hindouisme, le bouddhisme et le jaïnisme, sont profondément liées, comme avec le sikhisme, influencé par l'hindouisme et l'islam[26].

Problèmes de dénombrement

À travers l'Histoire, les hommes ont adopté de multiples religions. Certaines se sont répandues dans le monde entier et sont particulièrement pratiquées. Divers types de classements sont envisageables. Il est complexe d'obtenir des statistiques exactes et précises concernant le nombre d'adhérents aux différentes religions et d'incroyants, ce pour plusieurs raisons :

  • Difficulté de mise en œuvre, diversité et validité des modes de comptage : une documentation disponible n'existant pas forcément, le recueil de statistiques est une entreprise qui consomme énormément de temps et de ressources ; les différents modes de comptage - inscription sur des listes officielles, estimation selon d'autres critères (ethnique p. ex. ), auto-déclaration - peuvent donner des résultats différents, chaque mode comportant ses risques d'erreur.
  • Manque d'objectivité : les statistiques religieuses sont fréquemment établies par des organismes rattachés à un ensemble idéologique donné ; il peut y avoir sur- ou sous-comptage délibéré de certains groupes. Certains environnements imposent ou interdisent certaines idéologies, empêchant l'accès à l'opinion réelle des sondés.
  • Définition des ensembles religieux et idéologiques : les statistiques sont établies par des personnes appartenant à une zone géographique et culturelle donnée. Certaines religions y sont bien connues, par conséquent clairement définies ; d'autres religions «exotiques» peuvent être mal identifiées. D'autre part, même pour les religions bien connues, le regroupement peut fluctuer : mormons, témoins de Jéhovah et nouvelles sectes d'inspiration chrétienne peuvent ainsi être inclus dans la totalité des chrétiens ou comptés à part. Les incroyants peuvent avoir des difficultés à se situer dans un groupe précis (athée, agnostique, libre-penseur), ce choix réclamant un travail introspectif et des connaissances philosophiques de base pour être fait en connaissance de cause.
  • Adhésion exclusive et multi-adhésion : si certaines religions réclament un rattachement exclusif, il existe des zones culturelles (monde chinois p. ex. ) où la multi-adhésion est courante, brouillant les statistiques.
  • Les statistiques générales ne font pas apparaître le degré d'adhésion réelle aux pratiques ou concepts.

Les statistiques au niveau mondial sont une tâche spécifiquement ardue, et la source la plus consultée[27] repose depuis plus de deux décennies sur le travail de David B. Barret et de ses collaborateurs, en particulier en ce qui concerne le christianisme. Cet ancien missionnaire anglican devenu évangéliste déclare déplorer le manque de concurrence. [28]

Répartition mondiale des religions
Source : Worldwide Adherents of All Religions, Mid-2005, Encyclopædia Britannica
Estimations (complétées) de l'importance des grandes familles de religions (2005)  :
Statistiques de D. Barrett (complétées) [29] Chiffres d'adherents. com (complétés) [30]

Répartition mondiale des croyants

Répartition en pourcentage du nombre de non-croyants dans le monde en 2009


Le nombre de croyants est supérieur à celui des non-croyants qui comprennent les athées déclarés et les personnes sans confession. La moyenne mondiale des croyants serait de 85, 7 %. De grosses disparités existeraient entre les différents pays du monde. En Amérique du Sud, l'Uruguay serait le pays le moins croyant. En Afrique, la totalité du continent serait constitué de croyants avec une majorité de musulmans au nord et une majorité de chrétiens au sud. La Chine et la Corée du Nord seraient parmi les pays possédant le moins de croyants au monde. La Corée du Nord est un des pays où la liberté de culte est la plus réprimée. En Europe, les chiffres seraient plus nuancés selon les pays avec des pourcentages supérieurs à 70 %. Enfin, des pays comme l'Afghanistan et la cité du Vatican afficheraient des pourcentages particulièrement proches de 100%[32].

Éléments des religions

Pragmatiquement, une religion peut s'analyser suivant plusieurs dimensions plus ou moins présentes.

Univers invisible

Diptyque de Wilton, entre 1395 et 1399, exposé à la National Gallery (Londres) .

Une religion se fonde sur le domaine surnaturel, un monde de l'esprit, dont la définition peut être variable. La majorité des religions supposent l'existence de relations entre les humains et des forces ou des personnes invisibles, qu'ils soient dieux, anges, démons ou esprits des morts. Le miracle est la manifestation spectaculaire de ces relations, son caractère miraculeux se fondant sur le fait qu'il est impossible à expliquer rationnellement.

Le croyant qui essaie de communiquer avec ces forces et ces êtres (par une communication fondée sur l'invocation ou l'évocation de l'esprit) peut avoir deux buts :

  • Il peut chercher à être guidé ou informé - acquérir de l'information - il fait alors appel à l'art divinatoire.
  • Il peut chercher à se rendre favorable l'action de ces puissances invisibles, par des demandes, prières, ou liturgies propitiatoires.

Ces pratiques sont certainement l'aspect le plus critiqué par le rationalisme, exactement parce qu'on ne peut les soumettre à la critique expérimentale. L'examen critique d'une telle relation peut se comprendre à deux niveaux. D'une part, la réalité du résultat revendiqué peut être contestable : le «miracle» n'a pas eu lieu, les témoignages sont trompeurs (volontairement ou non). D'autre part, le phénomène extraordinaire d'un thaumaturge n'est pas obligatoirement une théurgie (dû à l'intervention d'un esprit extérieur), mais peut être la manifestation de pouvoirs occultes qui sont dans la nature de l'homme mais ne sont pas généralement maîtrisés (approche de l'occultisme moderne).

Liturgies, rites

Liturgie catholique lors d'une messe en Slovaquie.

Des rites sont des signes, symboles et pratiques «en actions», qui unissent les croyants entre eux et avec l'ou les puissances supérieures qu'elles reconnaissent.

Les croyants ou fidèles tendent à se réunir pour des cérémonies et célébrations pouvant comporter des rituels et des prières. Les rites corrects prennent le plus souvent une forme fixée pour le culte, dont la totalité forme une liturgie.

Les différentes religions demandent fréquemment à leurs fidèles d'être en état de pureté avant de pouvoir faire certains actes, comme prier, présider à une cérémonie religieuse, etc. La définition précise de la pureté et la manière de l'atteindre (par exemple par des ablutions) fluctue avec la religion.

Les cérémonies ne sont pas obligatoirement à caractère religieux; elles continuent à être un facteur de symbolisme et de cohésion sociale y compris dans le domaine profane.

Icône de détail Articles détaillés : Liturgie, Cérémonie et Rite.

Exercices spirituels

Une spiritualité est avant tout une manière d'être en relation avec par la méditation, par la prière, par le mysticisme.

La plupart des religions proposent une approche spirituelle de type mystique, c'est-à-dire une «approche expérimentale du divin».

L'objectif de l'exercice spirituel dépend naturellement de la doctrine religieuse au sein de laquelle il est pratiqué, mais ces exercices se retrouvent dans l'ensemble des religions, ou alors en dehors de tout contexte religieux (comme dans la majorité des branches du yoga)  : méditations, jeûnes et autres mortifications corporelles, invocations rituelles. Ces exercices ont le plus souvent pour effet, par la répétition, de permettre une meilleure maîtrise de l'«esprit» (et surtout de le libérer des distractions corporelles) de former l'âme et peut-être, d'atteindre des états de conscience atypiques (État modifié de conscience, transes, extases), quelquefois avec l'aide de psychotropes dans des pratiques shamaniques ou magiques, surtout.

Ces exercices spirituels sont par nature des pratiques individuelles : ils répondent à une démarche personnelle, toujours volontaire et cette voie n'est le plus fréquemment suivie que par une minorité, même dans les sociétés religieuses. Ils sont néanmoins le plus souvent intégrés dans une pratique communautaire, que ce soit à travers les rites qui les accompagnent, ou l'existence d'une vie communautaire spécifique (monachisme) conçue pour soutenir la volonté du pratiquant et lui épargner toute distraction comparé à son but spirituel.

Pour Ignace de Loyola, auteur catholique des Exercices spirituels, il s'agit, «par l'examen de conscience, la méditation, la prière et la contemplation, de chercher et de trouver la volonté de Dieu sur l'organisation de sa vie et le salut de son âme[33]

Icône de détail Articles détaillés : Mysticisme, Initiation, Yoga, Jeûne et Monachisme.

Symbolisme

Icône de détail Articles détaillés : Symbole, Mythologie, Sacré et Tabou.
Quelques symboles religieux.
De gauche à droite et de haut en bas :
1. Chrétien, Juif, Hindou
2. Islamique, Bouddhiste, Shintô
3. Sikh, Baha'i, Jaïn.

Les religions font grand usage de symboles, le plus fréquemment spécifiques à chacune. Le symbole est en effet un support indispensable dans le domaine de la métaphysique, du fait que l'objet spirituel ne peut pas être directement vu ou manipulé : le symbole est une représentation de l'absent et de l'imperceptible. Le rituel religieux se fonde ainsi sur la réactivation des symboles.

Il sert à transférer le discours ou l'action sur un objet sensible particulièrement consacré à cette représentation. Le symbole peut être un objet, une représentation picturale (comme le Mandala dans l'hindouisme ou le bouddhisme) ou un concept (comme le mantra, représentation sonore de la divinité), mais également des actes, constitutifs de la liturgie. Une cosmogonie est une façon d'expliquer le monde et son origine (et par là, son organisation «naturelle»), fréquemment empreinte de symbolisme. Dans les formes les plus anciennes de la religion, les récits mythologiques sont fréquemment particulièrement fortement symboliques.

Pour les adeptes, un symbole prend (par sa nature même) un caractère sacré, et doit être respecté à ce titre (c'est ce qui conduit à la mise en place des tabous dans les sociétés primitives). En effet, l'utilisation d'un symbole religieux en dehors de son contexte religieux propre (donc dans une contexte profane) forme littéralement une profanation, événement grave pour le fidèle de la religion, parce qu'il tend à rompre le lien entre le symbole et l'objet spirituel qu'il représente. Une profanation volontaire est le plus souvent reconnue comme un blasphème, c'est-à-dire un acte qui manifeste une absence de respect pour le fidèle et sa religion, et nomme des sanctions.

La gravure sacrée de symboles a été à l'origine des hiéroglyphes (étymologiquement ἱερός / hierós «sacré» et γλύφειν / glúphein «graver»), et finalement de notre écriture .

Pour la psychanalyse, et surtout pour Carl Gustav Jung, la psyché est naturellement religieuse, c'est à dire il existe une fonction religieuse à l'origine de la formation des symboles dans la conscience. Dieu est ainsi un archétype : «Dieu est le symbole des symboles!» explique Jung dans Psychologie et religion.

Peut-on séparer la religion du social ?
Importance donnée à la religion par pays


Lorsqu'il paraît naturel à un occidental de se questionner sur la place que la religion doit avoir dans la société, cette seule distinction des deux termes religion et société peut paraître absurde dans d'autres aires culturelles. En effet, la distinction du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel, initiée quand le christianisme a remplacé la religion d'État à Rome, n'a pas cours dans la majorité des sociétés respectant les traditions où on peut dire que le social en son entier est religieux. L'appartenance à une caste, l'exercice d'une profession, la manière dont on prépare la nourriture, les personnes qu'on fréquente, celles avec lesquelles on se marie, la manière dont on s'habille, tout, dans les sociétés respectant les traditions, renvoie de droit à une signification religieuse. Mais si la religion, comme ensemble de règles ou dispositif de discours, imprègne les actes les plus quotidiens (jusqu'aux décorations de l'habitat) et détermine les rapports hiérarchiques, cela n'empêche pas l'existence de tâches dédiées, surtout religieuses, et de tâches plus quotidiennes, moins chargées de ce scrupule et de cette attention que réclame dans l'ensemble des sociétés la manipulation du sacré. Ces tâches sont effectuées par des personnes consacrées, dont la position peut faire penser à celle du clergé dans la société occidentale. Ainsi, tout en se gardant de confondre le fonctionnement de la société sécularisée avec des fonctionnements radicalement différents, on peut se questionner sur les différents types de clergé, et la place qu'ils peuvent avoir dans les différentes organisation sociales qu'on peut rencontrer.

Religion et pouvoir politique

La tour d'un campanile est à la fois un monument religieux et un symbole de domination politique sur la cité.

Dans l'organisation des sociétés, le pouvoir spirituel est mêlé plus ou moins fortement au pouvoir temporel, ou alors assimilé comme une entité indissociable (où n'existerait pas une telle distinction). Historiquement, le clergé a constitué dans certaines religions et suivant les époques une force politique, un instrument de pouvoir politique, ou alors un État dans l'État. Ces relations entre ces pouvoirs différents peuvent s'exprimer plus ou moins fortement : d'une exclusion ou influence mineure du pouvoir religieux (et des valeurs religieuses) sur l'organisation et le gouvernement d'une société, jusqu'à la domination de l'organisation de la société par la religion et ses représentants (théocratie, par exemple).

Cette question est celle du cléricalisme : dans quelle mesure les clercs, c'est-à-dire les membres de l'institution religieuse, peuvent ou doivent-ils avoir en même temps un pouvoir politique? La pensée catholique en fait remonter l'origine à la parole de Jésus-Christ, «il faut rendre à César ce qui est à César, ainsi qu'à Dieu ce qui est à Dieu» (Mat 22 :21). Cette question se prolonge habituellement dans la pensée occidentale, à travers la distinction entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, ou bien la distinction entre pouvoir religieux et politique (par exemple au XIIIe siècle, chez Thomas d'Aquin) ou énormément plus récemment autour des concepts modernes de «laïcité», de séparation de l'Église et de l'État, (loi de 1905 en France, sous la IIIe République).

Le lien entre religion et pouvoir politique peut prendre un aspect répressif dans les sociétés où la norme est d'appartenir à un groupe religieux : une attaque contre la religion peut alors être sanctionnée comme blasphème, et lorsque l'hérésie est pénalement sanctionnée, des tribunaux spécialisés[34] peuvent être amenés à juger de l'orthodoxie des membres du groupe comparé à des critères purement religieux.

Identité religieuse

Femme voilée.

La socialisation d'un individu repose toujours sur une appropriation des normes et des valeurs d'un groupe auquel il se rattache. Lorsque ce groupe est religieux, la religion apporte une identité collective : une manière de se comporter en groupe, de se reconnaître.

La socialisation qui se produit par l'appartenance et l'identification à un groupe conduit quelquefois à rejeter et dévaloriser ceux qui ne sont pas membres du groupe; et lorsque la socialisation se fait autour d'une identité religieuse, le rejet et la condamnation de l'autre peut quelquefois prendre le caractère d'un extrémisme religieux.

Occasionnellemen, les religions peuvent interférer avec les nations (et de façon plus générale avec tout groupe d'hommes) de telle sorte qu'elles ont fréquemment besoin d'un ennemi pour se fédérer et se construire. Cette logique identitaire est capable d'alimenter des conflits pouvant aboutir à une guerre de religion. Les civilisations ont entre elles des relations parfois conflictuelles, l'une des raisons pouvant être religieuse du fait des différences de croyances. [35]

Le dialogue inter-religieux vise à harmoniser les relations entre religions.

Religion et Art

Le développement spectaculaire de la calligraphie arabe est dû à un interdit religieux.
«L'art et la religion ne sont pas deux choses, mais plutôt l'envers et l'endroit d'une même étoffe.»

— Alain, Préliminaires à la mythologie

.

Les relations qui unissent l'art et la religion sont aussi complexes, ou alors contradictoires, que celles qui unissent la religion et la science.

Dans certaines sociétés, le concept d'art est indissociable de celui de religion, l'art se définissant en partie par des fonctions rituelles dans la pratique religieuse : on peut prendre comme exemple les œuvres de l'art africain traditionnel (arts premiers). Selon Henri Bergson, l'art religieux (musique sacrée, peinture religieuse, architecture religieuse, danse sacrée…) ne se construit pas comparé à un art profane indépendant[réf.  souhaitée][Où ?]. Dans l'histoire, il n'existe pas d'exemple d'art indépendant d'une pratique rituelle à son origine. La technique artistique y est utilisée pour évoquer et renforcer tel ou tel type de sentiment religieux. Dans ce cadre, elle prend une certaine maturité, et prend ensuite son autonomie en devenant un art profane.

L'art véhicule une partie des traditions, valeurs et concepts religieux, contribuant à les entretenir et les répandre. En effet, la religion, dans toutes ses manifestations, est mêlée d'art : poèmes mystiques, églises, mosquées et temples, danses, objets sacrés, représentations picturales, tout ce qui touche à la religion a été, à un moment ou à un autre, sujet pour un artiste. Par conséquent, les thèmes religieux ont toujours été une inspiration pour les artistes et ce dernier véhicule une partie des traditions, valeurs et concepts religieux, contribuant à les entretenir et les répandre, quelquefois à les façonner.

La religion influence l'art (littérature, peinture, sculpture…), l'inspire (par exemple à travers des icônes religieuses) ou en restreint l'expression (ce qui est par exemple à l'origine des arabesques). La pratique artistique a dû subir des limitations du fait des autorités religieuses, quelquefois simplement du fait de leur statut de mécène et de clients. Ces limitations ont pu être vécues comme des contraintes, mais ont quelquefois été tournées à leur avantage par les artistes : l'interdiction de l'opéra a créé l'oratorio, et l'interdit de représentation des êtres vivants dans l'islam a génèré un développement spectaculaire de la calligraphie. L'usage de l'art comme moyen de critiquer les religions ou leurs abus ont quelquefois eu des conséquences dramatiques du fait d'extrémistes, comme l'assassinat du réalisateur Théo Van Gogh.

Icône de détail Article détaillé : Art sacré.

Religion et Science

Icône de détail Article détaillé : Relation entre science et religion.

Au XXIe siècle, en Occident, «pensée religieuse» et «pensée scientifique» semblent poursuivre des buts différents. L'histoire de la science est ponctuée de querelles où s'affrontent les scientifiques et les religieux, opposition qu'on résume fréquemment par l'antagonisme de la Raison et de la Foi[36]. La science cherche ainsi à savoir comment l'univers existe et fonctionne de cette manière. La religion cherche à savoir pourquoi l'univers existe et fonctionne de cette manière. Les conflits entre la science et la religion se produisent tant que l'une des deux prétend répondre à la question dévolue à l'autre. Ainsi, au sein du christianisme, le procès de Galilée, en 1633, marque-t-il le divorce de la pensée scientifique et de la pensée religieuse[37], initiée par l'exécution de Giordano Bruno en 1600[38]. Le Concile de Nicée de 325 avait instauré dans l'Église l'argument dogmatique selon lequel Dieu avait crée le ciel et la terre en sept jours. Cependant, des explications scientifiques furent envisageable dès ce credo, qui ne se prononçait pas sur l'engendrement du monde, œuvre du Christ[évasif]. Cette lacune théologique permit une certaine activité scientifique au Moyen-Âge, dont, en premier lieu, l'astronomie. Le Concile de Trente (1545-1563) autorisa les communautés religieuses à mener des recherches scientifiques, dont celles conduisant, avec Galilée et Tycho Brahe, puis avec Nicolas Copernic à l'héliocentrisme. En Europe, cette explication scientifique, qui pose que le Terre tourne autour du soleil, et non l'inverse (le géocentrisme, alors reconnu par le Clergé), marque l'autonomie de la science sur la religion, qui sera définitivement consommée au XVIII e siècle, pendant les Lumières.

La représentation du monde au Moyen-Âge.

Dans la majorité des autres religions, la science n'est pas aussi opposée à la religion dominante. Dans l'Islâm, la science est favorisée car il n'existe pas de Clergé institué; d'autre part, le monde est vu comme un code à déchiffrer pour comprendre les messages divins. Ainsi, au Moyen-Âge la science arabo-musulmane prospéra et développa la médecine, les mathématiques et l'astronomie en particulier.

Au XIXe siècles, les scientistes posent que la science seule peut expliquer l'univers, et que la religion est l'«opium du peuple» comme dira plus tard Karl Marx qui fonde la vision matérialiste de l'histoire. Les réussites scientifiques et techniques, qui perfectionnent la civilisation et la qualité de vie, le progrès scientifique en somme, bat en brèche les dogmes religieux dans leur totalité, et quelle que soit la confession. Les théories modernes de la physique (la théorie des quanta surtout) et de la biologie (avec Charles Darwin et l'évolutionnisme[39]), les découvertes de la psychologie, pour laquelle Dieu le sentiment religieux demeure un phénomène intérieur ou alors neurologique, supplantent les explications mystiques et spirituelles. Cependant, nombre de religieux tentent, comme Pierre Teilhard de Chardin ou Georges Lemaître, d'allier explication scientifique et ontologie religieuse. L'encyclique de 1993, Fides et ratio, de Jean-Paul II reconnaît que religion chrétienne et science sont deux voies vers l'explication du monde.

Religion et philosophie

Portrait de Jean-Jacques Rousseau par Allan Ramsay. L'écrivain genevois se revendiquait «philosophe chrétien».

La réflexion philosophique entretient de nombreux rapports avec les différentes pensées religieuses. Les philosophes, selon leurs présupposés méthodologiques ou personnels, ont été amenés à soutenir des positions allant de l'adhésion à une religion, comme Malebranche, au rejet de toute forme de croyance, comme ce fut le cas du baron d'Holbach. Un certain nombre de domaines sur lesquels la philosophie travaille font aussi partie du champ religieux, comme l'éthique ou la métaphysique, ce qui a posé des problèmes de cohabitation, surtout dans l'Europe catholique de la renaissance[40].

Le point de désaccord entre la philosophie et la religion est essentiellement celui du statut de la vérité : elle est l'objet d'une recherche purement rationnelle pour le philosophe alors que le croyant pense que la vérité se transmet, et qu'elle a été, tout au moins en partie, révélée, et qu'on peut la trouver dans les textes sacrés qu'il reconnaît[41]. Ce qui n'empêche pas le croyant de se livrer à une réflexion utilisant les concepts des philosophes, la théologie chrétienne étant née de la rencontre du christianisme naissant et des concepts des philosophes grecs et romains. Malgré cette dichotomie, pendant tout le Moyen Âge européen, il n'y a eu de philosophie que chrétienne. Est-ce à dire que la théologie et la philosophie sont solubles l'une dans l'autre ? Assurément non. Mais comme la philosophie peut s'intéresser à des problèmes religieux, la religion peut s'intéresser à des problèmes proprement philosophiques, comme le rapport du langage à la réalité et la possibilité de la connaissance humaine[42]. La philosophie restera d'ailleurs longtemps tributaire de la manière dont les théologiens ont posé les questions avant qu'elle ne retrouve une certaine autonomie. On notera par conséquent l'importance pour la philosophie d'auteurs comme Anselme de Cantorbery, Duns Scot, Guillaume d'Occam ou Thomas d'Aquin.

D'autre part, certains courants philosophiques ont eu tendance à vouloir remplacer le fait religieux. Le déisme pose un dieu créateur mais en refuse l'institution religieuse. Le culte de la Raison (voire de la déesse Raison entendue comme allégorie) fut proposé durant la Révolution française. Le saint-simonisme athée, se nommait lui-même «nouveau christianisme»[43] ou «religion saint-simonienne». La «religion de l'humanité» (religion positiviste) d'Auguste Comte, était quant à elle sans dieu mais pourvue d'un catéchisme et d'un calendrier. Comte prédisait le remplacement définitif des religions par la science, du fait de la loi des trois états.

Religiosité contemporaine

L'évolution des civilisations a progressivement conduit à séculariser la majorité des activités de l'homme (écriture, art, législation, sexualité) qui étaient originellement des actes sacrés. Parallèlement, les questions religieuses se sont marginalisées et tendent à se spécialiser sur la spiritualité. Mais la religion ne se réduit pas obligatoirement pour tout autant à une spiritualité personnelle et privée et elle peut quelquefois structurer la société ou influer sur les relations entre individus.

Les fonctions du religieux

La vision des sociologues sur la religion lie phénomènes religieux et structures des sociétés.

La caractérisation du fait religieux selon Durkheim : un créateur de lien social

Émile Durkheim, sociologue français du début du XXe siècle, définit la religion comme «un dispositif solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c'est-à-dire scindées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, nommée Église, tous ceux qui y adhèrent[44]. En réalité, pour Durkheim, le religieux n'est en fait que l'expression collective de l'attachement au social. Ce qui est sacré dans le religieux n'est rien d'autre que l'expression de la société en elle-même. Les manifestations du sacré qu'incarnent les objets de cultes, les rites mais aussi les représentations de natures collectives sont vus comme la vénération du lien social. Par conséquent, la religion ne résulte que de la société : «le principe sacré n'est autre chose que la société hypostasiée et transfigurée».

Liberté de religion

La liberté de religion est le droit de choisir et de pratiquer sa religion. Il implique aussi le droit de changer de religion. On la distingue quelquefois de la liberté de conscience qui comprend aussi le droit à l'athéisme. Le fait de pouvoir choisir sa religion est reconnu actuellement comme un droit essentiel. Le respect de ce droit est un indicateur du respect des libertés individuelles. Dans certains pays, les principes de la liberté de conscience, quoiqu'affichés, peuvent être plus ou moins entravés. En Malaisie, par exemple, la liberté de religion est inscrite dans la constitution, mais des dispositions légales interdisent en fait aux musulmans d'abandonner l'islam.

Le terme religieux apostat sert à désigner d'anciens fidèles qui ont délaissé ou renié les liens les unissant à cette religion. Ces gens peuvent être des non-croyants ou des convertis à une autre religion.

Critiques classiques
Icône de détail Article détaillé : Critique de la religion.

Les religions peuvent faire l'objet de critiques sur leurs dogmes, leur mode de fonctionnement, leur éventuelle intolérance, etc. Dans l'Antiquité gréco-romaine, les philosophes tentaient déjà d'expliquer l'origine des croyances. Ainsi, Lucrèce, dans De natura rerum, émet l'hypothèse que les hommes ont découvert les dieux pour expliquer les merveilles et les mystères de la nature : pour comprendre ce qu'ils ne maîtrisaient pas. Critias pensait que la religion (et la crainte des dieux) avait été découverte pour imposer à chacun le respect de la société : discipline, morale, sens du bien et du mal. Les anthropologues, psychologues et sociologues s'en tiennent toujours pour la majorité à ces deux explications. Pascal Boyer, [45] s'appuyant entre autres sur les sciences cognitives et la biologie évolutionniste, y ajoute une explication naturaliste.

Icône de détail Article connexe : Le Siècle de la raison.

Critiques scientifiques

Icône de détail Article détaillé : Relation entre science et religion.

La religion, quand elle se présente sous la forme de dogmes, a été et est l'objet de plusieurs types de critiques philosophiques et scientifiques.

Les critiques rationalistes, comme celle de Bertrand Russell ou de Lucrèce, estiment que toute religion répond en premier lieu à un sentiment de peur (peur de la nature, de la mort), qu'elle est favorisée par l'ignorance, et qu'elle se construit sur des valeurs qui amènent à des pratiques cruelles et arbitraires qui entravent tout progrès dans le bien-être de l'humanité.

La plupart des grandes religions ont été conçues à des époques qui ne disposaient pas des connaissances qui ont été acquises depuis lors. Certaines connaissances qu'on trouve par exemple dans le Bible (le lapin rumine, le soleil tourne autour de la Terre, l'univers a été crée en 6 jours et est âgé de quelques milliers d'années) sont depuis devenues obsolètes ou fausses. Or, occasionnellemen, ce sont des textes reconnus comme sacrés, par conséquent vrais, qui sont ainsi remis en cause par les sciences : en conséquence de quoi, la validité de ces textes devient sujette à caution.

Une autre difficulté, soulevée par les sceptiques, [46] est que si les dogmes des différentes religions ne sont pas compatibles entre eux, il s'en suit que l'ensemble des religions sont fausses, sauf peut-être une. Dans l'ensemble des cas, la conclusion de ce raisonnement rationaliste est que des milliards d'êtres humains sont ou ont été dans l'erreur du fait de leurs croyances religieuses.

Comme ensemble de croyances, la religion est une source d'intolérance morale et scientifique : elle ne connaît pas le doute et fonde quelquefois sur son caractère absolu son rejet des connaissances nouvelles. Cette disposition d'esprit, qui s'oppose occasionnellementà la recherche (par exemple, le christianisme s'est opposé à la plupart de sciences des temps modernes : interdiction de l'anatomie, refus de l'héliocentrisme et de l'évolutionnisme) peut conduire à brûler ses adversaires, à les torturer ou à les contraindre à se rétracter. (cf. Vanini, Galilée). Pour les rationalistes comme Bertrand Russell, ou pour des critiques de la religion comme Nietzsche, si les religions contemporaines se présentent sous des formes plus tolérantes, ce n'est pas du fait de progrès voulus, mais parce que les sciences les ont contraintes à réviser leurs dogmes. [47] Ceci étant, la religion n'a pas le monopole du politiquement correct, comme le montrent les nombreux exemples de luttes contre la dissidence et d'intolérances morale et scientifique dans les régimes ou des sociétés athées.

Du point de vue de l'éducation et des sociétés, lorsque une religion repose sur des dogmes qu'on ne peut remettre en cause sous peine d'hérésie, elle tend à maintenir des populations dans l'ignorance : le libre examen et l'instruction sont proscrits (par exemple l'étude de la médecine ou de la météorologie est assimilée à de la sorcellerie) au profit du seul apprentissage de textes dits sacrés (Bible, Coran). Cet obscurantisme facilite les mouvements de foules hystériques, comme les chasses aux sorcières ou l'interprétation de faits naturels, actuellement expliqués par les sciences, comme des châtiments divins ou des interventions diaboliques (exemple de la comète de Halley).

Du point de vue de la psychologie, dans certaines religions qui tendent à contrôler la sexualité des croyants, de fortes souffrances morales sont associées aux pulsions, ces souffrances étant nommées culpabilité. Lorsque des comportements dits déviants sont menacés de peines infernales et éternelles, la religion nourrit un climat de terreur psychologique. [48] C'est pourquoi, les religions qui facilitent la culpabilité sont accusées d'entretenir la misère terrestre et de refuser tout bonheur à l'être humain. [49]

Parodies de religion

Icône de détail Article connexe : messe noire.

Le pastafarisme ou la licorne rose invisible forment de célèbres parodies de religion. Une série de «dogmes» et «rites» le plus souvent absurdes ou farfelus sont reliés à ces deux parodies.

Bibliographie

  • Michel Malherbe, Les religions de l'humanité. Criterion (ISBN 2-7413-0043-7)
  • (en) Mark C. Taylor (sous la direction de ), Critical Terms for Religious Studies, Chicago, 1998.

Portails de Wikipédia

Liens externes

Notes et références

  1. Cependant, les premiers cultes des morts étaient pratiqués par l'homme de Néandertal et non l'homme moderne. Au-delà, quoique ce soit un sujet de débat, on ne réserve plus exclusivement le terme de culture aux êtres humains. Voir Whiten et Bœsch, «La culture des chimpanzés», in Pour la science, dossier n°57, octobre/décembre 2007.
  1. Selon le sens voulu, il apparaîtra quelquefois hors sujet de prendre en compte les croyances personnelles
  2. Une religion peut être perçue comme athée si sa conception du divin est particulièrement éloignée du concept respectant les traditions ou si elle nie toute forme de nature divine, comme dans certains mouvements spirituels revendiquant leur appartenance à la religion mais quelquefois qualifiées de sectes par certains États
  3. Paul Tillich, Substance catholique et principe protestant, Cerf, Presses Université Laval, 1995.
  4. (en) Jonathan Zittell Smith, «Religion, Religions, Religious», dans Critical Terms for Religious Studies (ed. Mark C. Taylor), Chicago, 1998, p. 281-282.
  5. Cette définition classique utilisée dans les études religieuses fut proposée par Clifford Geertz, dans La religion comme dispositif culturel, 1973. Pour une critique du modèle de Geertz, voir : (en) Talal Asad, The Construction of Religion as an Anthropological Category (1982).
  6. Théologie de la culture, Planète, 1968.
  7. Rudolf Otto, Das Heilige, 1917.
  8. (en) Wilfred Cantwell Smith, The Meaning and End of Religion (1962), Fortress Press, 1991 paperback : ISBN 0-8006-2475-0 ; Daniel Dubuisson, L'Occident et la religion. Mythes, sciences et idéologies, Complexe, Bruxelles, 1998 ; Compte-rendu de lecture.
  9. Daniel Dubuisson (sous la direction), Dictionnaire des grands thèmes de l'Histoire des religions. De Pythagore à Lévi-Strauss, Bruxelles-Paris, Éditions Complexe, «Bibliothèque Complexe», 2004. (ISBN 2-87027-847-0)  ; «Introduction», pp. 9, 10, 11 et 19.
  10. (en) Robert Turcan, Religion romaine, t. II, Iconography of religion, Brill Academic Publishers, 1988, p. 6 ; Angelo Brelich, dans Histoire des religions, Paris, Gallimard, I, 1970, p. 7.
  11. Pierre Legendre, Leçons I, La 901e conclusion. Étude sur le théâtre de la raison, Paris, Fayard, 1998, p. 88.
  12. E. Benveniste, Le vocabulaire des institutions indo-européennes, Paris, Minuit, tome II, p. 267 et ss..
  13. «Religion, et superstition à l'époque de Tacite : quelques réflexions», dans Religion, supersticion y magia en el mundo romano, Universidad de Cadiz, 1985, pp. 19-34. De cet article, il ressort selon Pierre Legendre (op. cit. p. 398) que «religio ne sert à désigner pas le lien sentimental, direct et personnel de l'individu avec une divinité, mais un ensemble de règles formelles et objectives, léguées par la tradition.»
  14. Pierre Legendreop. cit, p. 88.
  15. Voir surtout Henri Bergson, Les Deux sources de morale et de la religion, 1932.
  16. On pourra consulter sur ce point les ouvrages d'Arnold Van Gennep, surtout Les rites de passage (1909) de Géza Róheim, Psychanalyse et anthropologie, de Jean Cazeneuve, Sociologie du rite' (Paris, PUF, 1971) et de Julien Freund, «», Archives de Sciences Sociales des Religions, 1975, no  39, p.   31-44.
  17. (en) John Milton Yinger, The Scientific study of religion, Londres, 1970, p.   33
  18. B. Maureille, Les premières sépultures, Le Pommier / Cité des sciences et de l'industrie, 2004.
  19. Marcel Otte, «La naissance du phénomène religieux», Les grands dossiers de Sciences humaines, n° 5, décembre 2006 - janvier - février 2007 «L'origine des religions.»
  20. Création avec une majuscule n'est utilisé que lorsque la création est envisagée sous l'hypothèse d'une intervention «divine».
  21. le chamanisme une religion introuvable article de Frédéric Laugrand
  22. L'expression découle de l'arabe «Ahl al-Kitab», «Possesseurs de l'Écriture», ou «Gens du Livre», qui sert à désigner juifs et chrétiens en rappelant la place centrale tenue dans l'islam par le Coran ; G. Vadja, «Ahl al-kitâb», in Encyclopédie de l'Islam, nouvelle édition, Paris-Leyde, 1961.
  23. Marcel Gauchet, Le désenchantement du monde. Une histoire politique de la religion, Gallimard, 1985. L'étude est centrée sur l'Occident. Céline Couchouron-Gurung, «Un monde désenchanté ?», Archives de sciences sociales des religions, 136 (2006). Compte rendu de lecture
  24. (en) Phillip E. Hammond (sous la direction de ), The Sacred in a Secular Age : Toward Revision in the Scientific Study of Religion, University of California Press, 1985, 379 p.
  25. Gilles Kepel, La Revanche de Dieu. Chrétiens, juifs et musulmans à la reconquête du monde, Paris, Le Seuil, «Points», 1991, 282 p., IESR - Institut européen en sciences des religions, compte-rendu de lecture.
  26. Pour plus de détails, on peut aussi consulter cette carte des religions dans le monde
  27. (en) World Christian Encyclopedia (Oxford University Press), sur laquelle s'appuie l'Encyclopedia Britannica et en grande partie Adherents. com
  28. Brève présentation de D. B. Barrett et de son travail (anglais)
  29. Statistiques de D. Barrett
  30. adherents. com
  31. ab mormonisme. com
  32. L'état de la Religion, National geographic (France), numéro 102, mars 2008, source : World Christian Database
  33. Ignace de Loyola, Exercices spirituels, 1548, «Annotations préalables», 1.
  34. C'est le cas historiquement de l'inquisition ou de tribunal islamique.
  35. C'est dans cette mesure que Daniel Lindenberg en vient à se poser la question de savoir si les religions «sont naturellement intolérantes». Dans quasiment l'ensemble des grandes religions, la doctrine et les responsables religieux condamnent officiellement toute forme de violence commise au nom de la religion; mais inversement, il est habituel de trouver des arguments à caractère religieux dans les discours de meneurs. Le caractère véritablement religieux de tels troubles prête par conséquent à discussion, suivant qu'on retient que la composante religieuse est présente dans les troubles, ou qu'elle n'a été qu'instrumentalisée pour une fin qui lui est en réalité étrangère.
  36. Voir :réf.  à confirmer : .
  37. Voir pour plus d'informations : réf.  à confirmer : .
  38. G. Bruno avait postulé et prouvé le pluralisme des mondes envisageables, c'est-à-dire l'existence d'autres terres dans l'univers, surtout avec son ouvrage De l'infinito universo et Mondi (De l'infini, l'univers et les mondes).
  39. Voir sur ce point l'ouvrage de Stephen jay Gould, Et Dieu dit : «que Darwin soit» : science et religion, enfin la paix ?, préface de Dominique Lecourt, 1999, (ISBN 0345430093) .
  40. Les philosophes Grecs eurent eux aussi maille à partir avec les croyances de leur temps, sous le chef du crime d'impiété dont plus d'un a dû se défendre.
  41. La lettre encyclique Fides et Ratio de Jean-Paul II se veut un argumentaire du point de vue catholique sur cette épineuse question du statut de la vérité : Texte de l'encyclique en français.
  42. On se souvient que la question «Que puis-je connaître ?» est une des trois grandes questions de la philosophie pour Kant.
  43. Claude Henri de Saint-Simon, Nouveau christianisme, éditions de l'aube, Paris, 2006, 87 p., (ISBN 2752602669) .
  44. Les formes élémentaires de la vie religieuse, 1912
  45. Et l'homme créa les dieux
  46. Ceux de l'Antiquité (cf. Sextus Empiricus), comme les modernes).
  47. cf. Bertrand Russell, La religion a-t-elle contribué à la civilisation ?
  48. cf. Nietzsche, L'Antéchrist.
  49. cf. Bertrand Russell, Science et religion.

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